C’est l’été sur la côte du Groenland ; la jolie Navarana est en âge de se marier et de quitter sa famille. De ses prétendants, les chasseurs de phoques Palo et Samo, c’est le premier qu’elle préfère ; mais alors que les jeunes tourtereaux s’échangent des présents, la querelle s’envenime entre les deux rivaux. Pour canaliser leur conflit, ils devront s’affronter dans un concours de chant. Mais le frère de Navarana préfère alors lever le camp avec la jeune fille, emmenant sa famille prendre ses quartiers d’hiver.
Sens de la narration
Dans la veine du cinéma ethnographique alors très en vogue, et sur un scénario du "père de l'eskimologie" Knud Rasmussen, le plus grand explorateur polaire de son temps (lui-même d’origine inuit), cette réalisation bientôt centenaire de Friedrich Dalsheim, Juif allemand alors interdit de travailler pour le IIIe Reich, relève de la curiosité. Le film nous replonge, avec un remarquable sens de la narration et du montage (notamment dans de belles scènes de chasse ou de fête), dans le quotidien des Inuits du Grand Nord groenlandais – celui d’autrefois, d’un temps antérieur à la colonisation danoise. L’ensemble des acteurs sont d’ailleurs autochtones : pour la toute première fois, le grand public – à plus forte raison celui de l’Allemagne nazie, où le film sera projeté – pourra entendre à l’écran la langue inuit.