ARTE Reportage
Ukraine / Inde52 min
La prison ou la guerre : des détenus ukrainiens sont libérés à condition de s’engager dans l’armée / Entre l’Inde et le Bangladesh, une brigade verte féminine lutte pour sauver la mangrove de l’engloutissement.
Ukraine : les forçats de la guerre
Cinq ans après le début de la guerre, l’Ukraine est confrontée à une pénurie de soldats sur le front. L'armée peine à recruter. La mobilisation et les méthodes utilisées pour attirer de nouvelles recrues sont devenues un sujet douloureux au sein de la société. Les hommes fuient le pays pour éviter la conscription. Pour pallier le manque de soldats, une loi votée en 2024 permet aux détenus ukrainiens de bénéficier d’une libération conditionnelle anticipée s'ils décident de s'engager. Le pays leur donne le choix : la prison ou la guerre. En septembre 2026, ils étaient déjà 12 000 prisonniers à avoir choisi de s’engager. La pratique consistant à utiliser des détenus à des fins militaires est aussi ancienne que la guerre elle-même. La société trouve plus facile de mettre en danger la vie de ceux qui en ont été exclus, trouvant à chaque fois des moyens et des justifications pour le faire.
Le réalisateur Edward Kaprov a voulu documenter ce qui se passe là où la loi s’arrête et où la réalité commence. Il s'est rendu à l'est de Kharkiv pour suivre une unité spéciale de troupes d'assaut de la 129e Brigade, entièrement composée de prisonniers. Il a suivi un groupe de dix hommes de leur sortie de prison jusqu'au front, en passant par une formation express de 21 jours. Au cours de leur première semaine de combat, cinq d’entre eux ont disparu. Groupe après groupe, ils se sont évaporés dans le néant. La forêt semblait les avoir engloutis. Derrière chacun de leur nom de code, il a découvert un être humain, auquel il s'est attaché, pour lequel il s'est inquiété. Chacun d’entre eux s’est vu offrir la chance de recommencer une nouvelle vie. Mais ils doivent avant tout survivre.
Inde : l'armée verte des Sundarbans
Dans l’une des régions les plus hostiles de la planète, une armée de 20 000 femmes est en première ligne de la lutte contre le dérèglement climatique. Vêtues de saris verts, à l’image des forêts qu’elles tentent de sauver, ces green warriors incarnent un espoir pour les Sundarbans, la plus grande mangrove du monde. Frappé de plein fouet par les catastrophes climatiques, cet immense labyrinthe d’îles et de marécages est aujourd’hui menacé de disparition. Littéralement "belles forêts" en bengali, les Sundarbans s’étendent dans le golfe du Bengale, entre l’Inde et le Bangladesh.
Plus de cinq millions de personnes vivent dans ce dédale de cours d’eau, de mangroves et de terres fragiles où quatre îles auraient entièrement été englouties au cours des 25 dernières années. Face à cette urgence, des brigades vertes se sont constituées. Leur mission : planter des palétuviers pour protéger les terres et les populations. Car les mangroves sont bien plus que des forêts : elles constituent un rempart naturel contre les effets du changement climatique. Leurs racines ralentissent les courants, atténuent la puissance des vagues et contribuent à protéger les côtes lors des cyclones. Depuis la création de l'armée verte il y a 15 ans par une ONG locale, ces femmes ont planté plus de 16 millions de palétuviers. Avec pour seules armes des jumelles, des pelles et des pioches, cette armée verte est le dernier espoir d’une région fragile qui a donné au monde ses premiers réfugiés climatiques. Selon certains experts, les Sundarbans pourraient en grande partie disparaître d’ici un demi-siècle.
Cinq ans après le début de la guerre, l’Ukraine est confrontée à une pénurie de soldats sur le front. L'armée peine à recruter. La mobilisation et les méthodes utilisées pour attirer de nouvelles recrues sont devenues un sujet douloureux au sein de la société. Les hommes fuient le pays pour éviter la conscription. Pour pallier le manque de soldats, une loi votée en 2024 permet aux détenus ukrainiens de bénéficier d’une libération conditionnelle anticipée s'ils décident de s'engager. Le pays leur donne le choix : la prison ou la guerre. En septembre 2026, ils étaient déjà 12 000 prisonniers à avoir choisi de s’engager. La pratique consistant à utiliser des détenus à des fins militaires est aussi ancienne que la guerre elle-même. La société trouve plus facile de mettre en danger la vie de ceux qui en ont été exclus, trouvant à chaque fois des moyens et des justifications pour le faire.
Le réalisateur Edward Kaprov a voulu documenter ce qui se passe là où la loi s’arrête et où la réalité commence. Il s'est rendu à l'est de Kharkiv pour suivre une unité spéciale de troupes d'assaut de la 129e Brigade, entièrement composée de prisonniers. Il a suivi un groupe de dix hommes de leur sortie de prison jusqu'au front, en passant par une formation express de 21 jours. Au cours de leur première semaine de combat, cinq d’entre eux ont disparu. Groupe après groupe, ils se sont évaporés dans le néant. La forêt semblait les avoir engloutis. Derrière chacun de leur nom de code, il a découvert un être humain, auquel il s'est attaché, pour lequel il s'est inquiété. Chacun d’entre eux s’est vu offrir la chance de recommencer une nouvelle vie. Mais ils doivent avant tout survivre.
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Dans l’une des régions les plus hostiles de la planète, une armée de 20 000 femmes est en première ligne de la lutte contre le dérèglement climatique. Vêtues de saris verts, à l’image des forêts qu’elles tentent de sauver, ces green warriors incarnent un espoir pour les Sundarbans, la plus grande mangrove du monde. Frappé de plein fouet par les catastrophes climatiques, cet immense labyrinthe d’îles et de marécages est aujourd’hui menacé de disparition. Littéralement "belles forêts" en bengali, les Sundarbans s’étendent dans le golfe du Bengale, entre l’Inde et le Bangladesh.
Plus de cinq millions de personnes vivent dans ce dédale de cours d’eau, de mangroves et de terres fragiles où quatre îles auraient entièrement été englouties au cours des 25 dernières années. Face à cette urgence, des brigades vertes se sont constituées. Leur mission : planter des palétuviers pour protéger les terres et les populations. Car les mangroves sont bien plus que des forêts : elles constituent un rempart naturel contre les effets du changement climatique. Leurs racines ralentissent les courants, atténuent la puissance des vagues et contribuent à protéger les côtes lors des cyclones. Depuis la création de l'armée verte il y a 15 ans par une ONG locale, ces femmes ont planté plus de 16 millions de palétuviers. Avec pour seules armes des jumelles, des pelles et des pioches, cette armée verte est le dernier espoir d’une région fragile qui a donné au monde ses premiers réfugiés climatiques. Selon certains experts, les Sundarbans pourraient en grande partie disparaître d’ici un demi-siècle.
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