Associé au mouvement des droits civiques, à l’opposition à la guerre du Vietnam et à des légendes folk telles que Bob Dylan, Joan Baez ou encore Woody Guthrie, le “protest-song” semblait appartenir au passé. Mais aujourd’hui, il renaît de ses cendres aux Etats-Unis. Sous le deuxième mandat de Donald Trump, de jeunes musiciens engagés dénoncent une société de plus en plus polarisée, la guerre à Gaza et les fantasmes autoritaristes de la droite américaine.
Originaire de l’Arkansas, Jesse Welles est un porte-étendard de ce mouvement contestataire. Il commente les événements politiques quasiment en temps réel. Ses titres, souvent composés en réaction directe aux fils d’actualité, trouvent une très large audience sur TikTok, Instagram et YouTube. Joe DeVito, Carsie Blanton et Jordan Smart s’emparent eux aussi de la musique folk pour sensibiliser l’opinion aux guerres, aux expulsions de sans-papiers, à l’injustice sociale et à la violence d’État. Le duo originaire de Chicago The Devil Said Jump livre la bande-son de la révolte contre les méthodes brutales de l’ICE, la police d’immigration américaine.
"Tracks" demande à ces artistes pourquoi la musique politique résonne à nouveau si fortement, quelle responsabilité portent les musiciens dont les titres deviennent viraux et, en cette période de crises à répétition, quel impact ont les chansons engagées ?