Les réseaux sociaux abondent de mises en scène tournées dans les favelas brésiliennes : vidéos de fêtes et de salons de coiffure envahissent les fils d’actualité, le jaune et le vert s’imposent dans les tenues et les bikinis, devenus cultes. Sous la présidence de Jair Bolsonaro, les couleurs nationales ont été érigées en symbole de la droite populiste. Le créateur de mode Abacaxi rejette cette récupération culturelle. Avec sa marque de vêtements, il fait rayonner le style des favelas dans le monde entier. Le “Brazilcore”, dit-il, est une revendication à la fois joyeuse et courageuse, un geste d’affirmation identitaire. Mais les favelas ne se résument pas à l’allégresse : les violences entre gangs et forces de l’ordre y sont quotidiennes. En octobre 2025, un raid des forces de l’ordre à Rio de Janeiro – le plus meurtrier de l’histoire du pays –, a fait plus de 110 morts. Et des innocents sont régulièrement victimes de balles perdues, même en marge de ces opérations de grande ampleur. En 2021, Kathlen Romeu, âgée de 24 ans et enceinte de trois mois, a été mortellement touchée par un tir policier. Ses parents se battent encore pour que justice soit rendue.
Le Brésil compte aujourd’hui plus de 300 peuples autochtones dont les ancêtres ont survécu à la colonisation et à l’esclavage imposés par les Portugais. Parce qu’elles perpétuent depuis des millénaires une vision holistique du monde et une économie de subsistance, ces communautés sont une épine dans le pied de l’agrobusiness et du secteur minier. La photographe Natália Tupi immortalise leurs luttes. Pour "Tracks East", elle rencontre Txai Suruí, une militante écologiste très influente, et assiste à une fête chamanique du peuple guarani.