Peu après son divorce, Yoshimi emménage avec sa fille Ikuko dans l'appartement d'un immeuble délabré en périphérie de Tokyo. Très vite, elle remarque au plafond une tache d'humidité qui s'étend de jour en jour, laissant perler des gouttes de plus en plus nombreuses. Elle entend d’ailleurs des bruits de pas à l'étage au-dessus, alors que l'appartement est censé être vide depuis des années. D'autres faits étranges se produisent, comme ce sac rouge d'enfant qui apparaît dans les endroits les plus incongrus, y compris dans les affaires d’Ikuko, des cheveux sortent du robinet d’eau, la silhouette d'une gamine vêtue d’un imper jaune fait de fugaces apparitions. Yoshimi apprend l'histoire de la petite Mitsuko, disparue depuis deux ans dans le quartier sans laisser de traces...
Peurs diluviennes
Moins de quatre ans après l'effrayant Ring, trauma pour des générations de spectateurs, Hideo Nakata évite toute surenchère. Dark Water s'inscrit dans la tradition japonaise du J-Horror, genre plus axé sur la psychologie et le jeu des ambiances glaçantes que les actions tranchées du gore. Dans un environnement dont la laideur et la décrépitude suscitent d'emblée le malaise, la répétition de certains motifs proches du fantastique (le sac rouge) ou le danger qui semble circonscrire la petite Ikuko démultiplient l'angoisse de Yoshimi, et, par ricochet, celle du spectateur. Mais c'est aussi l'omniprésence de l'eau qui fascine. Qu'elle tombe, diluvienne, du ciel, crispante, du plafond, en cataractes marronnasses de robinets que l'on ne peut plus fermer, qu'elle inonde étages, ascenseurs et appartement vide ou déborde de citernes sur le toit, elle charrie toute l'épouvante du film, symbole d'inéluctable et de l'impuissance de ceux qu’elle menace. Dans ce flux de plus en plus oppressant, quelques moments chocs ébranlent, s'inscrivant toujours dans la thématique du film : la peur de l'abandon des enfants couplée à celle des mères de ne pas savoir les protéger.