Il y a quarante ans, pour se lancer dans l'écriture de fiction sans se sentir écrasée par le poids des chefs-d'œuvre littéraires qui ont constitué les lectures obligées de son enfance, Frédérique Audoin-Rouzeau, jeune archéozoologue à l’aube de sa carrière, s'essaie au "rompol", comme elle appelle le roman policier. Soucieuse de ne pas nuire par ce genre souvent jugé frivole à sa jeune carrière scientifique, elle emprunte à sa sœur jumelle, artiste peintre, la moitié de son pseudo, inspiré d'un personnage de cinéma qui les fascine toutes les deux : Maria Vargas, incarnée par Ava Gardner dans La comtesse aux pieds nus de Joseph Mankiewicz. Elle n'a pas prévu le succès quasi immédiat des enquêtes du commissaire Adamsberg, qui la verra abandonner prématurément la recherche scientifique pour se consacrer à son œuvre, traduite dans de nombreuses langues et éditée en France chez Viviane Hamy.
Bonne compagnie
Avec, entre autres, Frédéric Martin, qui fut son éditeur, Corinne Masiero et Josée Dayan, respectivement actrice et réalisatrice dans les adaptations télévisées de la "Collection Fred Vargas", ou encore Claudia Marquardt, qui la traduit en allemand, une promenade empreinte d'humour et de poésie dans un monde où la légèreté côtoie la profondeur, et où le plus noir des crimes suscite de foisonnantes rencontres, tant humaines qu’érudites. Par le biais des archives, on chemine aussi en la bonne compagnie de cette reine française du polar, modeste et drôle, qui préfère le calme de l'ombre à l'excès de lumière.