Dans l’édition 2023 de son classement mondial de la liberté de la presse, l’organisation Reporters sans frontières constate que les pressions sur les médias indépendants n’ont jamais été aussi fortes dans le monde.
En Russie, les autorités ont quasiment éradiqué toute expression journalistique libre. Il est donc surprenant que l’hebdomadaire "Sobesednik" puisse continuer de publier ses articles sans entrave. Oleg Roldugian, son rédacteur en chef, s’en étonne parfois, et confie à "Tracks East" son attachement à la figure de l’opposition Alexeï Navalny, décédé en prison le 16 février 2024.
En Ukraine, comment aborder la corruption des forces armées sans être immédiatement estampillé "traître à la nation" ? Plusieurs journalistes ont été victimes d’actes d’intimidation par le service de sécurité (SBU). Après la parution d’un article critique à l’égard de l’armée, l’un d’eux a ainsi reçu son avis d’enrôlement… avec le soutien empressé des services secrets.
Même climat en Serbie, où l’emprise grandissante du président Vučić sur la sphère médiatique menace le journalisme indépendant. Dans les médias contrôlés par Vučić, les diffamations comme celles à l’encontre du portail d’investigation Krik sont monnaie courante. La Serbie est pourtant un membre associé de l’Union européenne. Mais il se trouve un peu partout des journalistes qui refusent de se laisser intimider...