Micaëla, une sage jeune fille, cherche Don José, son fiancé. Apprenant qu’une demoiselle demande après lui, ce dernier, brigadier à Séville, pense qu’il ne peut s’agir que de sa promise. Alors qu’il assiste à la sortie des cigarières employées dans la manufacture de tabac voisine, celles-ci se moquent des serments sans lendemain de leurs courtisans. L’une d’elles, la séduisante Carmen, suscite la convoitise de toute la gent masculine. Repérant Don José, la belle s’en approche, avant de disparaître en lui lançant la fleur rouge piquée dans sa chevelure…
Une héroïne dangereuse
Aux yeux de la morale bourgeoise du XIXe siècle, la liberté sexuelle affichée par la provocante Carmen apparaissait choquante, voire scandaleuse, et sa marginalité sociale, en tant que Gitane, la rendait dangereuse. Dans cette nouvelle production, Gabriela Carrizo promet de s’intéresser à l'identité et aux motivations de l’héroïne devenue mythe et de prendre en compte tant le point de vue de Carmen que celui de Don José. À l’instar des œuvres produites avec sa compagnie de danse-théâtre Peeping Tom, qui se caractérisent par une physicalité intense, une richesse de sens et une dimension poétique, la metteuse en scène et chorégraphe entend explorer la psyché des personnages du dernier opéra de Bizet, composé quelques mois avant sa mort en 1875, à 36 ans, dont la réception décevante l’affecta. Traditionnellement tenu par une mezzo-soprano, le rôle de Carmen est ici confié à Asmik Grigorian : une première pour la soprano lituanienne qui devrait former, avec le ténor américano-chilien Jonathan Tetelman, un mémorable couple d’amants tragiques.