Fille d'un ange déchu et d'un mortel, une péri (terme persan désignant aussi une fée ou un elfe) erre en quête de rédemption. Afin de lui accorder son entrée au paradis, l'ange qui en garde les portes la met au défi de lui présenter "le don le plus cher aux yeux du ciel". Pour y parvenir, elle entame un périple qui la mène de l'Inde à l'Égypte et de la Syrie jusqu'aux portes de l'Éden…
L’urgence de l’empathie
Pour sa première saison commune avec Omer Meir Wellber, nouveau directeur musical général de l’Opéra de Hambourg, Tobias Kratzer offre une version puissante et épurée de l’oratorio de Robert Schumann. Fasciné, comme ses contemporains, par les mystères de l'Orient, le compositeur crée en 1843 cette œuvre profane, rarement jouée, sur un livret inspiré d'une fable persane et d'un poème de l'Irlandais Thomas Moore. Le metteur en scène livre aussi une réflexion sur la relation entre la scène et le public, cherchant à briser la frontière qui les sépare. Selon lui, l'opéra doit devenir un espace où résonnent les questions politiques brûlantes de notre temps. L’histoire de la péri, en quête de rédemption par le sacrifice et la compassion, porte les enjeux d’un monde en crise où l’empathie s’impose à l’humanité comme un recours. Dans le rôle-titre, la soprano Vera-Lotte Boecker déploie sa virtuosité avec intensité, entre désir et désespoir. Une relecture contemporaine qui sublime les mélodies et les riches harmonies de ce joyau romantique.