Tout a commencé par un coup de foudre. Venu à Tahiti au début des années 1960 pour le tournage des Révoltés du "Bounty" de Lewis Milestone, Marlon Brando découvre à la faveur d’une escapade Tetiaroa, un atoll de Polynésie française composé de douze îlots ("motus" en tahitien), pour la plupart inhabités. Harcelée par les médias, la star du cinéma, alors au faîte de sa célébrité, voit dans ce petit paradis l’opportunité de se ressourcer loin de la frénésie de Hollywood. Intéressé par les sciences et sensible à la cause environnementale, Brando, qui rêve d’en faire un sanctuaire naturel, parvient à convaincre son propriétaire de le lui vendre. Au début des années 1970, l’acteur, qui a refait sa vie avec une actrice tahitienne dont il aura deux enfants, lance l’un de ses grands projets : la construction d’un hôtel où il pourra accueillir ses amis, des visiteurs mais aussi des scientifiques du monde entier. Il entreprend des fouilles archéologiques, se met à l’aquaculture, envisage aussi de fonder une école, voire une université de la mer. Pour faire aboutir ses projets, il puise dans sa fortune personnelle. Son hôtel engloutit des sommes folles, pour un succès mitigé : le confort rustique ne correspond pas aux attentes touristiques de l’époque. Et son idée de réunir Polynésiens et scientifiques pour des travaux menés en commun se révèle difficile à mettre en œuvre…
Un rêve tahitien
Un peu plus de vingt ans après la disparition de Marlon Brando, Dirk Heth et Silvia Palmigiano se penchent sur le rêve tahitien de l’inoubliable interprète du Parrain. Nourri d’archives, le documentaire réunit les témoignages de biographes et de proches de l’acteur, notamment Rebecca, l’une de ses filles, et Avra Douglas, son ancienne assistante, ainsi que de ceux qui poursuivent son œuvre sur l’atoll polynésien, parmi lesquels des chercheurs internationaux mobilisés au sein de la Tetiaroa Society, une association qui mesure l'impact de l’activité humaine sur le récif corallien et sa biodiversité.