1875. Quittant la campagne pour la ville, Denise Lovett y retrouve son oncle Edmund, commerçant en difficulté. La jeune femme se fait embaucher au grand magasin pour dames Le Paradis, dirigé par John Moray qui ne tarde pas à la remarquer. L'homme sollicite le soutien financier de Lord Glendenning dont la fille, Katherine, le poursuit de ses assiduités.
Entre deux mondes
Transposée au Royaume-Uni, sous l'ère victorienne, cette adaptation d'Au bonheur des dames d'Émile Zola ne déroge pas au sens de l'observation du romancier, qui excellait à croquer la société de son temps. Le succès du grand magasin annonce la naissance d'un nouveau monde : le commerce de détail à l'aube de la deuxième révolution industrielle. En face, un autre univers renâcle à s'éteindre : celui de l'aristocratie rentière. Servie par le jeu de Joanna Vanderham, touchante et déterminée, l'héroïne Denise Lovett symbolise cette bascule sociale où la fortune ne dépend plus de la lignée mais du sens des affaires. Son ambition et ses compétences la rapprochent bien vite du jeune patron du Paradis John Moray, subtilement interprété par Emun Elliott. L'alchimie de ce duo gagnant n'en soulève pas moins l'éternelle question : les sentiments compliquent-ils le travail ou est-ce l'inverse ? Denise devient également la figure de proue d'un mouvement plus profond, brillamment retranscris dans la série : le déchirement des femmes entre leur allégeance forcée au gouvernement des hommes et un farouche désir d'autonomie.