Issu d'un milieu modeste, Idi Amin Dada, ex-soldat dans l’armée coloniale britannique, s’empare du pouvoir lors d’un coup d’État militaire en 1971. Régnant dès lors par la terreur sur l'Ouganda pendant huit ans, grâce à une combinaison de charme populiste et de violence brutale, il s’appuie sur un redoutable État policier. Au cours de sa seule première année de pouvoir, on estime que 10 000 personnes ont été assassinées, d'innombrables autres, emprisonnées et torturées. Connu pour sa cruauté légendaire, il prétend aussi défendre les droits des femmes, tout en les exposant à l’opprobre populaire au nom de la tradition. L’expulsion à son initiative de la communauté asiatique, qui gère des entreprises clés du pays, lui vaut une certaine popularité avant de s’avérer dévastatrice pour l’économie ougandaise. Une succession d’erreurs stratégiques précipite ainsi sa chute en 1979.
Dictatures, mode d'emploi
Impitoyables, ils ont gouverné par la terreur, jetant en prison ou éliminant tous ceux qui tentaient de s’opposer à leur pouvoir. Francisco Franco, Benito Mussolini, Kim Il-sung, Idi Amin Dada, Manuel Noriega ou encore Saddam Hussein : qu’est-ce qui a motivé leur soif inextinguible de domination et de contrôle ? Comment ces despotes se sont-ils emparés du pouvoir et par quels ressorts l’ont-ils conservé ? Quelles forces se sont dressées contre eux, des dissidents luttant, souvent dans la clandestinité, pour leur résister ? Enfin, quels sont les facteurs clés qui ont précipité leur chute ? Au travers des portraits de six dictateurs, cette passionnante série, nourrie d’archives et d’éclairages d’experts, immerge dans la brutalité du pouvoir, pour mettre au jour les étapes empruntées par ces dirigeants du passé et révéler des rouages et des stratégies toujours à l’œuvre. Propagande, désinformation et musellement de la presse indépendante − auxquels Donald Trump s’est amplement essayé −, culte de la personnalité, instrumentalisation de la peur pour soumettre les populations et surveillance généralisée : ces recettes, sensiblement les mêmes et désormais relayées par les réseaux sociaux, montrent aussi combien les démocraties, vulnérables, doivent rester vigilantes pour prévenir de telles dérives.