Olivier Père

Les Liaisons dangereuses de Stephen Frears

ARTE diffuse mercredi 22 septembre à 20h55 Les Liaisons dangereuses (Dangerous Liaisons), réalisé en 1988 par Stephen Frears. Le film sera suivi d’un documentaire inédit sur le scandale autour de la parution du roman de Choderlos de Laclos à la veille de la Révolution, et de sa postérité sulfureuse, Les Liaisons scandaleuses de Priscilla Pizzato.

Pourtant le film de Frears, à la différence du Valmont de Milos Forman sorti un an plus tard, n’est pas l’adaptation du chef-d’œuvre épistolaire de Choderlos de Laclos, mais de la pièce de théâtre que le dramaturge anglais Christopher Hampton avait tiré de ce classique de la littérature française. Si les dialogues ont été modernisés, les auteurs sont parvenus à retranscrire avec talent les complots d’alcôves des aristocrates libertins imaginés par Laclos en 1782. Lorsqu’il entreprend le tournage des Liaisons dangereuses, Stephen Frears est un réalisateur de drames sociaux et de comédies de mœurs ancrés dans la réalité britannique, comme My Beautiful Laundrette ou Sammie et Rosie s’envoient en l’air. Le triomphe du film, couronné par trois Oscars, va lui ouvrir les portes d’une brillante carrière internationale, avec plusieurs allers-retours entre l’Europe et Hollywood, et une prédilection pour l’humour, la satire et les reconstitutions historiques. La réussite des Liaisons dangereuses doit beaucoup à son interprétation éblouissante. Glenn Close – la Marquise de Merteuil, Michelle Pfeiffer – Madame de Tourvel, sans oublier John Malkovich – le séducteur Valmont, y trouvent les plus beaux rôles de leurs filmographies. On découvre également avec plaisir dans le film de Frears deux débutants très sexy à l’orée de leurs brillantes carrières, Uma Thurman, en très jeune aristocrate dépravée par Valmont, et Keanu Reeves en chevalier vindicatif.

 

 

 

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9 commentaires

  1. ballantrae dit :

    Je me rappelle les comparaisons entre les deux films signés Frears et Forman avec le constat pour certains d’une victoire par KO pour Frears.
    Selon moi, on doit voir les deux films qui sont tous des réussites à voir absolument car sur la même trame on peut contempler combien des adaptations peuvent absolument bifurquer: le film de Frears est une tragédie pré romantique , celui de Forman est plus souriant et proche de la touche amusée d’un Fragonard.
    L’échec commercial du film de Forman était fort injuste et je pense qu’il a empêché le cinéaste de créer un temps afin de trouver une nouvelle voie qui sera passionnante mais très différente de l’enchaînement Ragtime/Amadeus/Valmont.
    Frears effectivement sut thésauriser ce succès avec beaucoup d’intelligence et d’inventivité: deux ans après il nous régala avec un polar exceptionnel et trop peu connu Les arnaqueurs ( the grifters) d’après J Thompson.
    Je pense souvent aussi au diptyque Frears/ Malkhovich formé par Les liaisons dangereuses et Mary Reilly.

  2. Ania dit :

    Superbe film revu avec un immense plaisir, Glenn Close et John Malkovitch sont tout simplement géniaux. Merci Arte !

  3. Madeleine Gardin dit :

    Ben moi j’aurais bien voulu le revoir mais comme je n’ai pas la télé, c’est pas passé sur Arte TV ce que je ne comprends pas. Du cou, comme ça m’arrive souvent, j’ai voulu le revoir en vod mais yavait pas… Il faut absolument avoir la télé pour voir les films diffusés par Arte ? Triste !

    • Olivier Père dit :

      Les Liaisons dangereuses n’était pas disponible en Replay sur Arte.tv car c’est un film Warner et les majors américains ne sont pas favorables à la télévision de rattrapage. Vous pouvez voir environ 80% de nos programmes antenne sur Arte.tv et aussi de nombreux contenus inédits en particulier beaucoup de films en exclusivité sur Arte.tv : par exemple des cycles Barbet Shroeder, Bruno Dumont, Kenji Mizoguchi, Carlos Saura…

  4. Mitt dit :

    De plus en plus de films sont diffusés recadrés sur arte, ce qui n’était pas dans son habitude (en l’occurrence pour les Liaisons dangereuses, format 1.85 d’origine diffusé en 16/9 soit 1.77, générant une perte d’une partie de l’image sur les bords gauche et droit). La faute à Warner ?

    • Olivier Père dit :

      Oui la faute à Warner qui ne respecte pas toujours le format 1.85 pour ses remasterisations HD : la même chose est arrivée à Excalibur…

  5. Régine Dupuy dit :

    Superbe film, merci Arte !

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