Olivier Père

ARTE France Cinéma coproduit le prochain film de Corneliu Porumboiu

Le comité de sélection d’ARTE France Cinéma, qui s’est réuni le 26 juin, a décidé de soutenir un seul nouveau projet de long métrage qui s’est imposé par son esprit et son originalité : Le Trésor de Corneliu Porumboiu (photo en tête de texte), coproduction entre la Roumanie et la France (42KM Film / Rouge International / Les Films du Worso), comédie sur une rocambolesque chasse au trésor dans la Roumanie contemporaine.

Corneliu Porumboiu né en 1975 est l’un des meilleurs cinéastes de sa génération, révélé en 2006 avec son premier long métrage 12h08 à l’est de Bucarest qui obtint la Caméra d’or au Festival de Cannes, où il était montré à la Quinzaine des Réalisateurs. Ses films suivants ont confirmé son talent de conteur et de metteur en scène, alliant travail sur la parole et précision du cadre, humour et intelligence : Policier, adjectif (2009), Métabolisme ou quand le soir tombe sur Bucarest (2013).

Corneliu Porumboiu est aussi un inventeur de dispositifs cinématographiques comme en témoigne son récent essai Match retour (Al Doilea Joc) remarqué lors de la dernière édition de la Berlinale et qui sort en salles demain, mercredi 2 juillet, distribué par Contre Allée. De quoi nous faire patienter en attendant Le Trésor, prévu pour l’année prochaine (tournage en octobre 2014.)

Match retour

Match retour

A la croisée de l’expérimentation et du journal intime, Match retour est l’enregistrement d’un enregistrement. Corneliu Porumboiu et son père, Adrian, regardent un match de football à la télévision : le Steaua contre le Dinamo; en 1988, que son père arbitrait. Leurs commentaires hors champs accompagnent en temps réel les images originales du match : le derby de Bucarest entre le Steaua et le Dinamo en 1988, un an avant la révolution en Roumanie… La neige des images vidéo se superpose à la neige qui tomba sur le terrain pendant le match ce jour-là. Les souvenirs et anecdotes du père de Corneliu, arbitre international à la retraite, nous rappellent la dimension politique que prenait chaque rencontre sportive pendant la dictature de Ceaușescu. Une preuve supplémentaire pour nous permettre d’affirmer que les films de Porumboiu ne parlent que de deux choses, la Roumanie et le cinéma, ce qui constitue un réservoir d’histoires et de réflexions esthétiques et morales suffisamment vaste pour construire une œuvre.

 

A lire sur le précédent film de Corneliu Porumboiu

https://www.arte.tv/sites/olivierpere/2014/04/17/metabolisme-ou-quand-le-soir-tombe-sur-bucarest-de-corneliu-porumboiu/

 

et sur le nouveau cinéma roumain

https://www.arte.tv/sites/olivierpere/2012/07/19/pourquoi-le-cinema-roumain-est-grand/

 

Catégories : Actualités · Coproductions

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