Architecte sous l’autorité d’un directeur despote, Maud Crayon se voit subitement propulsée au sommet quand la maire de Paris la choisit, sur un malentendu (ou par miracle), pour réaménager le parvis de Notre-Dame. Séparée de Martial, le père éternel adulescent de ses deux enfants, avec lequel il lui arrive encore de passer la nuit, elle se découvre enceinte de quatre mois alors qu’elle retrouve dans la foulée Bacchus, son grand amour de jeunesse. Mais si le concours propose de "réconcilier religion, république et tourisme", le projet de Maud, jugé phallique, provoque l’ire des catholiques…
Jeux de l’amour et du hasard
Toujours avec ce ton qui n’appartient qu’à elle, entre burlesque, enchantement et une inaltérable foi dans la vie pour triompher des épreuves, Valérie Donzelli met en scène les tribulations d’une trentenaire débordée, rôle dans lequel elle se glisse avec malice et une jubilation qui infuse tout le film – dont le dernier jour de montage a étrangement coïncidé avec l’incendie de Notre-Dame ! Si elle fait la part belle aux tourments intimes et à la confusion des sentiments, la comédienne-cinéaste épingle aussi les absurdités de l’époque, de la maire sous perfusion de conseillers en communication à la colère d’intégristes décalés en passant par le monde impitoyable du travail. Dans un Paris pluvieux des jeux de l’amour et du hasard – à l’espace public pris en otage par des intérêts politiques autant que privés –, sa vaillante héroïne se débat, comme touchée par une grâce tenace, qui lui joue de drôles de tours : un concours d’architecture gagné sans y avoir participé, une grossesse non désirée quand elle veut rompre le cordon avec le père de ses enfants et la réapparition d’un ex-prince charmant, jadis fui par peur qu’il ne se sauve… Une irrésistible comédie qui ose tout, portée par un souffle de fraîcheur, d’humour et de fantaisie.