Depuis son entrée à la célèbre troupe de la Schaubühne berlinoise, il y a plus de vingt ans, Lars Eidinger est le compagnon de route et l’acteur fétiche du metteur en scène Thomas Ostermeier, sous la direction duquel il crée en 2008 un Hamlet pathétique et inouï, qui triompha à Avignon avant d’entamer une tournée internationale… toujours en cours. Puis, en 2015, un Richard III qui connaîtra un sort presque aussi enviable. Boulimique de travail, le comédien mène de front une carrière sur les planches et à l’écran, où il multiplie les rôles, courtisé par des réalisateurs allemands et étrangers : on le découvre trentenaire en crise dans Everyone Else de Maren Ade (2009), peut-être son plus beau rôle au cinéma, mais aussi, entre autres projets, dans Sils Maria et Personal Shopper d’Olivier Assayas. Le dernier film du comédien, La partition de Matthias Glasner, sorti en septembre 2024 en France, lui a valu de nombreuses nominations et récompenses, notamment le Bambi (équivalent allemand des César) du meilleur acteur.
Acteur né
Instinctif et perfectionniste, mais aussi imprévisible, narcissique et obsessionnel, c’est avant tout un acteur né habité par ses rôles, au goût immodéré pour l'improvisation, dont Reiner Holzemer brosse ici le portrait. Retraçant ses années de formation au sein de la scène théâtrale berlinoise, il le suit longuement au travail dans quelques-uns de ses projets les plus récents : le rôle principal de Jedermann de Hugo von Hofmannsthal, pièce présentée au festival de Salzburg en 2022, ou le tournage à Paris de la série Irma Vep d’Olivier Assayas. L’occasion de le voir à l’œuvre dans un jeu impressionnant de maîtrise, à la fois cérébral et puissamment physique.