Olivier Père

Major Dundee de Sam Peckinpah

ARTE diffuse Major Dundee (1965) de Sam Peckinpah lundi 29 juillet à 22h45.

Le troisième western de Sam Peckinpah retrace la mission du major Dundee (Charlton Heston) et de ses hommes lancés à la poursuite d’un chef apache au Nouveau-Mexique. L’action se déroule en 1864. Au régiment de cavalerie de Dundee viennent s’ajouter des volontaires choisis parmi des prisonniers de guerre sudistes et des repris de justice. La manière dont Peckinpah dresse le tableau d’une Amérique violente et recomposée en fait un héritier direct du cinéma de John Ford, marqué par les bouleversements politiques et moraux des années 60. A la guerre contre les Indiens s’ajoutent les tensions internes entre yankees et anciens soldats confédérés, exacerbées par la présence de soldats noirs dans les rangs des troupes dirigées par Dundee. Quatre ans avant La Horde sauvage, Major Dundee aurait pu devenir le premier grand western de Peckinpah, porteur d’un regard critique et documenté sur l’histoire des États-Unis. Mais les ambitions de Peckinpah vont se heurter à l’incompréhension et à la méfiance des décideurs de la Columbia. Le cinéaste rêve d’une grande fresque baroque et chaotique, avec des partis-pris formels en rupture avec le classicisme hollywoodien. Il finit par livrer un film de quatre heures, inacceptable pour ses producteurs. Major Dundee constitue la première expérience désastreuse de Sam Peckinpah avec les studios. Ce ne sera malheureusement pas la dernière. En 1973 le chef-d’œuvre de Peckinpah Pat Garrett et Billy le Kid connaîtra également un destin funeste, massacré au montage par la MGM. A l’époque de sa sortie Major Dundee est mutilé et échappe au contrôle de Peckinpah, malgré le soutien de la star Charlton Heston, fidèle à son réalisateur rebelle comme il le fut avec Orson Welles sur le tournage de La Soif du mal. Un montage de 136 minutes qui respecte davantage les désirs et exigences de son auteur est rétabli en 2005. Il rend l’intrigue plus cohérente que dans la version commerciale de 1965, sans rien occulter de sa dimension picaresque. C’est ce montage qui vous est proposé sur ARTE. Mais 122 minutes de film demeurent perdues à tout jamais.

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