Olivier Père

Yakuza de Sydney Pollack

Dans le cadre de la saison culturelle « Japonismes 2018 », qui célèbre le 150ème anniversaire du début de l’ère Meji lorsque le pays du soleil levant s’ouvrit à l’occident, ARTE diffuse lundi 3 septembre à 20h50 Yakuza (The Yakuza), réalisé en 1973 par Sydney Pollack.

Les yakuza, membres de la pègre japonaise célèbres pour leur rituels violents et leur code d’honneur, ont inspiré de nombreuses productions cinématographiques dans leur pays, notamment les films de Seijun Suzuki et de Kinji Fukasaku, au point de créer un genre cinématographique, le plus populaire au Japon dans les années 60 et 70. Le cinéma américain s’y intéresse pour la première fois avec ce thriller mélancolique. La mélancolie du film réside dans un mouvement d’aller-retour entre le présent et le passé, les souvenirs du personnage interprété par Robert Mitchum et ses retrouvailles avec un pays et une femme qu’il a aimé lorsqu’il était soldat, après la capitulation du Japon. Il ne s’agit pas de montrer la découverte d’un pays et de ses coutumes à travers un regard occidental néophyte, comme c’est souvent le cas, mais d’enregistrer les changements et les crises survenues dans la société japonaise depuis la fin de la guerre. Le rapport qu’entretient Mitchum avec Japon est sentimental, et son émotion est contrariée par les éclairs de violence qui jalonnent le récit. Le film de Sydney Pollack explore les contradictions du Japon moderne et oppose les valeurs orientales et occidentales.

Yakuza compte parmi les meilleurs polars des années 70. Son générique réunit Robert Towne et Paul Schrader, les deux scénaristes les plus influents du Nouvel Hollywood. Le film témoigne d’une réelle connaissance et d’un grand respect pour les mœurs et la culture japonaises. On doit l’histoire originale de Yakuza à Leonard Schrader, frère aîné de Paul qui s’installa au Japon pour échapper à la guerre du Vietnam et s’intéressa de près aux organisations criminelles nippones.

Sydney Pollack met en scène l’amitié entre deux hommes d’action unis par le destin, un ancien yakuza interprété par Takakura Ken et un détective privé auquel Robert Mitchum prête son imposante stature et sa sensibilité rentrée. Le règlement de compte final, où se mêlent fusillades et coups de sabre, demeure un modèle du genre.

Robert Mitchum dans Yakuza de Sydney Pollack

Robert Mitchum dans Yakuza de Sydney Pollack

Catégories : Sur ARTE

Un commentaire

  1. Fred dit :

    Bon film mais je trouve qu’il a un poil vieilli, comme beaucoup de films de Pollack malheureusement. Il y en a de la même période qui ont beaucoup mieux supporté le poids des années.
    Mais belle programmation d’Arte!

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