Olivier Père

Cannes 2017 Jour 12 : Gabriel e a Montanha de Fellipe Barbosa (Semaine de la critique)

Après le très remarqué Casa Grande (2014), le cinéaste brésilien Fellipe Barbosa part sur les traces de son ami Gabriel, disparu mystérieusement en 2009 lors d’un long voyage en Afrique. Le sens de ce voyage, qu’il s’emploie à refaire à l’identique, se révèlera au fil des rencontres et des témoignages de ceux qui ont croisé ou connu Gabriel. S’il emprunte une forme nouvelle – et relativement inédite au cinéma, il faut bien le signaler – Gabriel e a Montanha pourrait être la suite directe de Casa Grande, qui se déroulait dans les milieux de la bourgeoisie brésilienne et sa jeunesse dorée. Gabriel Buchman était un étudiant en économie promis à une brillante carrière qui a décidé de faire l’expérience du tiers-monde en entreprenant une périple à travers le continent africain, en marge des circuits touristiques et à la recherche de réponses sur la question de la pauvreté, en quête d’une connaissance empirique de la vie des habitants du Kenya, de la Tanzanie, de la Zambie ou du Malawi. Gabriel se lie d’amitié avec les africains qu’il rencontre, loge chez eux, s’intéresse à leurs problèmes quotidiens, adopte leur mode de vie. Ce mimétisme s’accompagne d’une certaine arrogance et d’un idéalisme naïf. Barbosa n’élude pas les ambigüités de Gabriel, effleure les zones d’ombres du jeune homme et considère la part suicidaire de sa fuite en avant. Au travers du projet f(l)ou Gabriel c’est l’inconscient du rapport historique, politique du Brésil à l’Afrique qui s’exprime. Mélange de reconstitution, de dramatisation et de captation du réel, Barbosa invente une nouvelle approche du récit d’aventure. Il ne s’agit pas de simuler un faux documentaire – la précision de la mise en scène vient contredire la moindre tentation du reportage – mais de créer une forme passionnante de journal filmé, dans laquelle la réalité des faits s’accompagne d’un regard critique et d’une seconde nappe de temporalité, puisque le film raconte aussi l’odyssée de Barbosa cinéaste brésilien en Afrique, huit ans après celle de son ami.

 

Lors de la cérémonie de clôture de la Semaine de la critique Gabriel e a Montanha a obtenu le Prix Révélation France 4 tandis que le Prix Fondation Gan à la Diffusion a été remis à Version Originale Condor qui va distribuer le film le 16 août. Le titre français de Gabriel e a Montanha (traduction littérale : Gabriel et la Montagne) n’a pas encore été fixé.

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Gabriel e a Montanha de Fellipe Barbosa

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Fellipe Barbosa sur le tournage de Gabriel e a Montanha © Mauro Pizzo

 

Catégories : Actualités · Coproductions

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