Aveugle à la suite d'un grave accident de cheval, une jeune femme, Sarah, est accueillie pour sa convalescence dans le confortable cottage de son oncle et de sa tante, au milieu de la campagne anglaise. Elle appréhende courageusement son handicap et se prépare à sa nouvelle vie, tout en renouant avec Steve, un éleveur qui s'était épris d'elle avant le drame. Mais un homme à l'identité mystérieuse, venu de la ville voisine, rôde dans les environs et semble menacer la paisible famille…
Une violence anonyme
Après L'étrangleur de Boston et L'étrangleur de Rillington Place, le brillant touche-à-tout Richard Fleischer revient à la thématique du serial killer avec ce thriller à l'intrigue minimaliste. Contrairement aux deux films précédents, ici, le tueur n'a pas de nom et ses crimes ne donnent lieu à aucune enquête. Le public ne verra son visage que dans les toutes dernières minutes, une manière pour le réalisateur de le mettre dans la même position que l'héroïne atteinte de cécité. Dans Terreur aveugle, la violence est diffuse, anonyme : le début du film (un parcours nocturne dans une ville où la violence et le sexe s'étalent avec complaisance) et sa conclusion (un plan inquiétant montrant la curiosité malsaine des villageois après la découverte des meurtres) nous suggèrent que c'est celle de toute une société, qui se repaît de sensations fortes. Au centre de cet exercice de mise en scène sans concession, Mia Farrow se débat avec une détermination qui lui permet de dépasser le statut de proie excessivement fragile qui pèse sur son personnage.