Déjà maman de Nicolina, 9 ans, Wiebke adopte une deuxième petite fille. Mais, rapidement, elle découvre que Raya, âgée de 5 ans, présente d’inquiétants troubles du comportement. Des tests cérébraux révèlent qu’elle ne ressent ni empathie ni peur, en raison d’un traumatisme précoce. Alors que son entourage considère Raya comme une menace, Wiebke croit fermement à la force de l'amour maternel pour la guérir, au point de se mettre en danger, ainsi que ses proches.
Malaise
Le visage angélique et la chevelure blonde bien peignée de Raya ne laissent rien présager de ce dont la petite fille est capable. Instaurant le malaise en utilisant les codes du cinéma d’horreur (clair-obscur, bande-son oppressante, maison isolée…), Katrin Gebbe mélange les genres cinématographiques (drame, thriller psychologique) pour faire progressivement glisser son film vers le fantastique, à mesure que l’état de l’enfant s’aggrave, sans que jamais l'amour maternel de Wiebke fléchisse. Questionnant les affres de la parentalité (comment fixer des limites à un enfant dont les besoins affectifs n’ont jamais été comblés ? Jusqu’où peut-on aller pour le soutenir, au détriment de ses frères et sœurs ?), le film repose en grande partie sur la performance de Katerina Lipovska dans le rôle de Raya, capable malgré son jeune âge de passer promptement de petite fille modèle à un monstre à ce point déchaîné qu’elle paraît dépossédée d’elle-même.