Michel-Ange, scandale à la chapelle Sixtine

2 min

Disponible à partir du 17/05/2026

À la télévision le dimanche 24 mai à 17:45

Peinte trois décennies après la voûte de la chapelle Sixtine, la fresque du "Jugement dernier", testament artistique de Michel-Ange, fit scandale pour sa représentation des corps. Une passionnante exploration d’une oeuvre hors normes.

À la chapelle Sixtine, au cœur du Vatican, Michel-Ange réalise deux exploits sidérants, qui occuperont au total près de dix ans de sa vie. Pour le pape Jules II, il a d’abord conçu le décor de la voûte, figurant la création du monde. Trente ans plus tard, Clément VII lui commande une nouvelle œuvre : une fresque du Jugement dernier qui figurera sur le mur derrière l’autel. Un défi qu’il relève presque seul, en cinq années harassantes. Dévoilée en 1541, la fresque monumentale (180 mètres carrés et plus de 300 personnages !), d’une brutalité inédite, est d’abord reçue comme un chef-d’œuvre. Mais le scandale ne tarde pas à surgir : alors que le sujet n’imposait pas la nudité, aucun voile ne dissimule les organes sexuels des saints, des anges et des hommes… Le christ a perdu sa barbe ; les anges, leurs ailes. Dans le groupe des élus, jugés digne du paradis, on observe de curieuses étreintes entre personnage masculins. Avec ses corps aux muscles saillants comme des écorchés, la scène est traversée par une angoisse palpable. Alors que l’Église traverse une crise sans précédent, menacée par la révolte protestante, l’œuvre de Michel-Ange, accusée d’obscénité, devient un élément de débat central… Vingt ans plus tard, la sentence tombe : le Jugement dernier est censuré. Les travaux de "re-culottage" commencent au lendemain de la mort, en 1564, de l’artiste, qui aura vu dans cette controverse teintée de médisance l’ultime drame de son existence.
 
Autoportrait
Auprès de conservateurs, ce documentaire examine à la loupe la fresque du Jugement dernier, œuvre en tous points hors normes qu’il replace dans son contexte historique – celui d’une papauté en crise – et biographique. Pour Michel-Ange, il s’agit d’un testament artistique, point d’orgue d’une carrière épuisante au service de neuf papes – mais c’est avant tout un travail éminemment personnel, synthèse d’une vie entière d’étude du corps humain, où se lit une puissante tension entre sensualité teintée d’homoérotisme et épouvante devant la mort. En cela, on peut lire ce Jugement dernier comme un gigantesque autoportrait, faisant écho aux tentatives désespérées de Michel-Ange de sublimer ses désirs charnels.

Réalisation

  • Cécile Bulte

  • Frédéric Biamonti

Pays

France

Année

2023

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