Les soldats français du Reich (1/2)

1 min

Disponible à partir du 10/03/2026

À la télévision le mardi 17 mars à 20:55

Entre 1941 et 1945, dans les rangs de la Wehrmacht ou de la SS, puis de la Milice, près de 30 000 Français se sont engagés aux côtés des nazis  et ont participé à leur guerre d’extermination. Reconstituant les trajectoires d’une poignée d’entre eux, ce documentaire explore un chapitre méconnu de l’histoire de la collaboration militaire et de l’extrême droite françaises.

Ayant rompu le pacte germano-soviétique, l’armée allemande s’enfonce en URSS depuis le 22 juin 1941. Au fil des semaines, des volontaires de toute l’Europe s’engagent pour combattre à ses côtés. En France, la Légion des volontaires français contre le bolchevisme (LVF), une association régie par la loi de 1901, tient le 18 juillet un grand meeting au Vélodrome d’hiver afin de recruter. À la tribune, Jacques Doriot, le chef du Parti populaire français, exhorte les 15 000 spectateurs : "Si la France veut rester une puissance européenne et mondiale, si la France veut rester digne de l'Europe, il faut qu'elle se batte avec elle contre le bolchevisme." Son appel est entendu notamment par Dominique Brunelli. Ce père de famille de 34 ans, qui consignera le récit de son engagement dans un carnet, fait partie du premier contingent de légionnaires français ayant rejoint le front de l’Est, début septembre. Après plusieurs semaines d’instruction militaire en Pologne, les Français du 638e régiment d’infanterie de la Wehrmacht entrent en guerre. Sous l’uniforme allemand, un écusson tricolore sur le bras, ils seront les témoins et parfois les acteurs des exactions et des crimes de masse perpétrés contre les populations civiles (surtout juives) en Pologne, en Biélorussie ou en Russie. "J'ai fait pendre à tour de bras toute la racaille juive qui a pu me tomber sous la main", écrit au docteur Ménétrel, le médecin personnel de Philippe Pétain, le légionnaire Henri Lacroix.

Récits intimes et trajectoires
Engagés dans la LVF, ils ont assisté et pris part aux crimes de masse perpétrés sur le front de l’Est. Dans les rangs de la Milice, ils ont traqué les résistants sur le territoire national. D’autres, sous l’uniforme de la SS, furent parmi les derniers à défendre Berlin. Retraçant les trajectoires d’une poignée d’entre eux, au travers de récits intimes et de témoignages – à l’instar de celui du journaliste Philippe Douroux* sur l’itinéraire de son père –, d’extraits d’interviews qu’ils ont données (à l’instar du futur impresario de Dalida Christian Lamazière, interrogé aussi dans Le chagrin et la pitié de Marcel Ophuls), mais aussi des procès-verbaux d’interrogatoires de police ou des minutes de procès qui se tinrent après-guerre – même si nombre d’entre eux échappèrent à l’épuration –, ce documentaire en deux parties, nourri d’éclairages d’historiens (Tal Bruttmann, Christian Ingrao, Johann Chapoutot, Masha Cerovic, Marie Moutier-Bitan…), explore le chapitre méconnu de la collaboration militaire, ainsi que le rôle qu’y joua l’extrême droite française.

* Un père ordinaire, Flammarion, 2025.

Réalisation

Jean Bulot

Pays

France

Année

2024

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