Graphiste dans une agence publicitaire, Vincent vit une vie sans histoire. Un jour, un stagiaire à qui il a à peine adressé la parole l'agresse violemment, à grands coups d'ordinateur portable. Le lendemain, un collègue le poignarde avec un stylo. Après leur étrange transe assassine, les agresseurs ne semblent garder aucun souvenir de l'événement. À la troisième tentative d'agression, la paranoïa s'installe. Chaque visage devient celui d'un potentiel assaillant. Sur Internet, Vincent comprend qu'il n'est pas le seul à souffrir de ces agressions gratuites : un simple contact visuel semble pouvoir déclencher une furie meurtrière, qui s'abat peu à peu sur le pays. Vincent s'arme et prend la route pour s'isoler dans une maison prêtée par son père. Un jour, sur le parking d'un restaurant, il sympathise avec Margaux, une serveuse…
Masques froids
Traqué, agressé où qu'il aille, Vincent (Karim Leklou) passe l'intégralité de ce très remarqué premier film de Stéphan Castang à regarder par-dessus son épaule. Cette violence gratuite, non expliquée et unique moteur du film, suffit amplement à plonger le spectateur dans une ambiance étouffante et paranoïaque. On pourrait y voir une société déshumanisée où la violence s'impose sans difficulté, mais c'est presque déjà pousser la réflexion trop loin : seule compte l'épaisseur dramatique fascinante de Karim Leklou, quasiment le seul visage traversé d'humanité, de peur et d'incompréhension, dans une marée de masques froids prêts à faire parler la poudre.