La documentariste Aminatou Échard, fille de l'ethnologue Nicole Échard, qui a mené des recherches au Niger de 1964 à 1994, entreprend un voyage sur les traces de sa mère. Outre un prénom africain, celle-ci lui a légué les films 16 mm qu’elle a tournés au Niger, et la correspondance avec son principal collaborateur de terrain, Garba Maïgoye. Avec ce dernier, mais aussi des étudiants en art de Niamey, Aminatou recherche une nouvelle interprétation de ces témoignages, datant des débuts de l'indépendance du Niger, et se retrouve confrontée à la complexité du présent.
Une histoire commune
Formée notamment par Jean Rouch, Nicole Échard appartenait à une nouvelle génération d'ethnologues qui avaient choisi de se démarquer de la posture extérieure de l’explorateur pour s'engager personnellement sur le terrain, comme en témoignent ses écrits et enregistrements, partagés ici par sa fille réalisatrice. Impliquée à son tour, Aminatou Échard interroge, comme sa mère, sa place d’ethnologue blanche au Niger, en proposant à des étudiants nigériens de s’approprier ses archives. Entre images des années 1970, conversations avec d’anciens collaborateurs et variations théâtrales jouées par les étudiants, le film explore ainsi les liens entre passé, présent et avenir, réfléchissant au thème de la domination, entre quête intime et tentative de penser une histoire commune.