Brésil : mon oncle bolsonariste
D’origine brésilienne, la documentariste Miyuki Droz Aramaki a voulu comprendre pourquoi une partie de sa famille, son oncle en particulier, a décidé de voter pour Flavio Bolsonaro à l’élection présidentielle d’octobre 2026. Ce récit à la première personne revient sur l’histoire de sa famille, de leur arrivée au Brésil en tant qu’immigrés japonais il y a presque un siècle, à l’engagement de sa mère contre la dictature militaire dans les années 1970-80. L’idée de ce reportage est venue du groupe whatsapp familial où son oncle partage depuis des années des vidéos pro-Bolsonaro, l'ex-président d’extrême droite brésilien. “J’ai l’impression que mes proches sont noyés sous un tsunami de vidéos populistes, de statistiques plus ou moins fiables partagées des dizaines de milliers de fois, d’appels au vote de l’extrême droite, explique la réalisatrice, au point que le pays n’a jamais été aussi radicalisé”. Elle est donc partie à la rencontre de jeunes bolsonaristes, de créateurs de contenus politiques qui s’appuient sur l’intelligence artificielle, de familles modestes qui s’apprêtent à voter pour l’extrême droite contre le gouvernement Lula, d’un jeune militant repenti du bolsonarisme. Les sondages annoncent une élection au coude-à-coude entre le chef historique de la gauche brésilienne, Luiz Inacio Lula Da Silva, candidat à un quatrième mandat, et Flavio Bolsonaro, le fils de Jair Bolsonaro, l’ancien président déclaré inéligible suite à sa tentative de coup d’État en janvier 2023.
États-Unis : Trump et les Latinos
Ils ont voté Trump à un niveau historique en 2024 : près d’un Latino sur deux a choisi le candidat républicain. Mais deux ans plus tard, sa popularité s’est effondrée chez les Hispaniques - un véritable danger pour le président américain à l’approche des élections de mi-mandat de novembre. En cause : une économie qui ne tient pas ses promesses et les raids spectaculaires de l’ICE, qui sèment la peur et vident les quartiers latinos partout aux États-Unis. Des citoyens américains arrêtés parce qu’ils "ont l’air mexicains", des travailleurs qui n’osent plus sortir, des commerces désertés : jusque chez certains de ses anciens électeurs, Trump est accusé d’être allé trop loin. Mais les Latinos sont-ils pour autant prêts à revenir chez les démocrates, pour lesquels ils ont voté pendant des décennies ? Pas forcément. Beaucoup, déçus par les deux camps, sont aujourd’hui tentés par l’abstention. Ils représentent près de 15 % de l’électorat américain : un vote indécis, imprévisible et donc crucial pour remporter les midterms.