Molly Hankinson est "en manque". Passer un mois sans téléphone relève du défi pour cette artiste britannique. La trentenaire, qui a toujours vécu avec un smartphone, avoue carrément sa dépendance. Pour tenter l’expérience, elle s’installe un mois au fin fond de la forêt finlandaise : sans smartphone, sans Internet ni réseaux sociaux. Quel effet ce séjour aura-t-il sur elle ?
Johannes Klaus a lui aussi constaté que consulter sans cesse son téléphone ne lui faisait pas de bien. L’écrivain s’interroge sur la manière dont cet appareil transforme le quotidien mais aussi les voyages. Dans son nouveau livre, "Handy aus, Welt an" (inédit en français) il raconte un séjour déconnecté, quand le hasard retrouve sa place et que les recommandations lues en ligne ne dictent plus chaque étape de l’itinéraire.
Trouver son chemin n’a jamais été aussi facile. Les applications nous guident, et nous les suivons sans réfléchir. Utiliser ces outils revient-il à renoncer à une part de notre sens de l’orientation et de notre responsabilité ? L’écrivaine française Lucie Rico explore cette question dans son roman "GPS" et arrive à la conclusion que plus nous les utilisons, plus nous en devenons dépendants.
Lorsqu’il répète, le metteur en scène Jan-Christoph Gockel apprécie plus particulièrement le fait d’être hors connexion. À ses yeux, le théâtre offre un espace tangible, à rebours d’un monde qui impose de rester joignable en permanence. Sa dernière création outre-Rhin, la pièce antimilitariste "Les aventures du brave soldat Švejk", aborde notamment la bataille de Bakhmout, en Ukraine : y assister revient alors à faire partie d’un "club IRL" ancré dans l’actualité.