Üçel Marinov, Bulgare issu de la minorité turque, a grandi à Stolipinovo. Cela fait quatre ans qu’il a quitté l’école et qu’il cherche un emploi stable. À 20 ans, marié et bientôt père de famille, il tente de joindre les deux bouts en enchaînant les chantiers. Alors pour gagner de quoi nourrir sa famille, Üçel songe – comme tant d’autres – à tenter sa chance en Allemagne, quitte à émigrer seul dans un premier temps. Ce nouveau départ dans un pays inconnu sera-t-il couronné de succès ?
Ferat Yordanov sait bien ce qui attend Üçel, son compatriote. Issu lui aussi de la minorité turque de Bulgarie, il a quitté sa ville de Stolipinovo dans l’espoir d’une vie meilleure. Mais en Allemagne, il enchaîne les petits boulots dans la manutention ou le nettoyage, avec des revenus soumis à l’arbitraire des sociétés d’intérim et des sous-traitants qui l’emploient.
C’est justement pour attirer l’attention sur ces conditions de travail précaires que Ferat a créé il y a deux ans une association baptisée "Stolipinovo in Europa". Son but : lutter contre un système injuste qui l’a marqué au fer rouge. Après avoir été floué par l’un de ses employeurs et privé de son salaire, il a reçu un courrier des autorités chargées de l’immigration. Il redoute désormais de se faire expulser faute de pouvoir justifier de son séjour régulier en Allemagne.