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Rideau de fer, l'occupation soviétique (3/3)
Le temps des révoltes56 min
Disponible jusqu'au 22/09/2026
À la télévision le mardi 26 mai à 22:50
Comment l’URSS a-t-elle imposé son modèle en Europe centrale et orientale ? Dernier volet : la disparition de Staline ouvre une ère de contestation inédite dans les “démocraties populaires”. En juin 1953, des ouvriers du bâtiment en lutte pour leurs salaires arrêtent le travail sur des chantiers de Berlin-Est, et s’attaquent aux symboles du pouvoir aux côtés de milliers de manifestants.
Dépassé, le gouvernement est-allemand en appelle aux Soviétiques pour écraser le soulèvement. L’espoir d’un renouveau vient pourtant de Moscou : en février 1956, au XXe congrès du Parti communiste, Nikita Khrouchtchev dénonce les crimes de son prédécesseur. Une insurrection éclate quelques mois plus tard à Budapest, une fois encore anéantie par les chars soviétiques. La répression terrible qui s’abat sur le pays suscite une émotion et une solidarité immenses dans le reste du bloc de l’Est. Si la surveillance demeure permanente, Moscou relâche un peu son étreinte pour faire oublier ce chapitre. Il est dorénavant permis de voyager dans les autres pays communistes. Des produits occidentaux alimentent les marchés noirs, tandis que les samizdats circulent sous le manteau. À Berlin, les passages à l’Ouest sont autorisés. Les citoyens sont de plus en plus nombreux à fuir l'Allemagne communiste. Le gouvernement est-allemand trouve alors une solution radicale : dans la nuit du 12 au 13 août 1961, une barrière séparant les deux parties de la ville est construite, le mur de Berlin.
Mémoire commune
Alors que l’invasion de l’Ukraine a marqué le retour de l'ambition de Moscou de dominer une partie de l'Europe, la réalisatrice d'origine russe Tania Rakhmanova est partie à la rencontre de civils hongrois, polonais et allemands afin de comprendre comment ils avaient vécu la soviétisation forcée de leur culture, leur système politique et leur quotidien. Face à la surveillance généralisée – un enregistrement sonore de la police secrète polonaise atteste des redoutables méthodes de recrutement utilisées – et à la répression impitoyable, dont la plupart des témoins filmés ici ont été victimes, des millions d’Européens ont mené durant plus de quatre décennies une double vie : adhésion à l’idéologie communiste en public, rejet dans la sphère privée, souvent exprimé sous forme de blagues politiques. Superposant les récits personnels de ces femmes et ces hommes (parmi lesquels l’ancien président allemand Joachim Gauck ou le cinéaste polonais Krzysztof Zanussi) à une foule d’archives fascinantes souvent issues de la propagande, ces trois épisodes restituent, à la lumière d’une nouvelle historiographie, les étapes de cette mise au pas radicale et ses répercussions intimes.
Réalisation
Tania Rakhmanova
Pays
France
Année
2022
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