À leur arrivée en Australie, les premiers Européens à observer un spécimen vivant sont déconcertés par son apparence et pensent d’abord à une supercherie. Par la suite, la chasse à la fourrure pousse l’espèce au bord de l’extinction. Depuis, sa population s’est rétablie, mais reste sous pression. Car nombreuses sont les menaces qui pèsent sur l’habitat de ces animaux insolites, à commencer par les feux de brousse et les inondations. Sans oublier l’accaparement croissant des espaces naturels parl’homme. De nouvelles mesures de protection et de relocalisation devraient le faire réapparaître. Gilad Bino a dédié sa vie à la protection de la nature et en particulier à l’ornithorynque, qui symbolise selon lui la singularité du continent australien éprouvé ces dernières années par une succession de catastrophes naturelles : bush ravagé par le feu, rivières asséchées ou crues balayant tout sur leur passage. Si une partie de la flore a su s’adapter, certaines espèces animales moins résistantes dépérissent à vue d’œil, notamment l’ornithorynque. Ce monotrème vit essentiellement dans les cours d'eau et creuse son terrier dans les berges pour y pondre et allaiter ses petits. Le plus vaste parc national d’Australie, le Royal National Park, comptait autrefois de nombreux ornithorynques avant que leur déclin ne s’amorce. D’où la nécessité d’agir selon Gilad Bino. Dans le cadre d'un projet de recherche, le biologiste et sa collègue Tanheal Bruch parcourent le continent pour capturer des ornithorynques afin de les réintroduire dans le parc. Des interventions préparées de longue date qui impliquent surtout de travailler de nuit. Car ce petit mammifère a un mode de vie nocturne. Les deux scientifiques vont devoir capturer au moins dix individus pour réintroduire cette espèce iconique dans le Royal National Park.