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La cordillère des songes

82 min

Disponible jusqu'au 16/12/2026

Une méditation politique et intime portée par d'éblouissantes images, troisième volet de la trilogie que le cinéaste chilien en exil Patricio Guzmán a consacré à la mémoire occultée de la dictature de Pinochet.

En 1973, lorsque le coup d'État de Pinochet survient, Patricio Guzmán est en train de tourner un documentaire sur l'expérience socialiste menée par Salvador Allende et les tensions croissantes qui l'entravent. Il parvient à fuir en emportant les bobines de La bataille du Chili, qui sortira en France six ans plus tard. Depuis, le cinéaste exilé a consacré une vingtaine d'autres films à son pays natal, et au "tremblement de terre " qui y a instauré la dictature, en lieu et place de la "société nouvelle" dont il avait rêvé, jeune homme, en élisant le président assassiné. Mais devenu étranger en son pays natal, il ne peut plus interroger "que de loin" cette histoire violente et occultée, qui a fait du Chili et de Santiago, sa capitale, les laboratoires d'un néolibéralisme devenu planétaire. Dans ce troisième volet - après Nostalgie de la lumière (2010) et Le bouton de nacre (2015) - d'une trilogie à la fois politique et intime, Patricio Guzmán continue de sonder les résonances dans le présent de la tragédie passée. Formidable barrière montagneuse qui occupe 80 % du territoire chilien et y culmine à 6 000 mètres d'altitude, la cordillère des Andes devient la métaphore de sa quête de vérité. "Si nous pouvions traduire ce que disent les roches, je crois que nous aurions aujourd'hui les réponses qui nous manquent"...

Filmeurs obstinés
Comme les précédents films de la trilogie, La cordillère des songes se présente comme une méditation cinématographique à la première personne du singulier. Au fil d'une partition visuelle et sonore magnifiquement écrite, la voix du cinéaste nous accompagne sur un chemin où se rencontrent réminiscences personnelles et mémoire collective. Confrontant la ville de son enfance, où ne subsistent plus pour lui que quelques vestiges douloureusement indéchiffrables, au silence minéral des Andes, il recueille aussi le témoignage de compatriotes qui, contrairement à lui, vivent toujours au Chili. Parmi eux, un autre filmeur obstiné, Pablo Salas, qui n'a jamais cessé de documenter les manifestations de protestation et leur répression féroce, y compris durant les seize années (1973-1990) de la dictature et a miraculeusement pu préserver non seulement sa personne, mais aussi ses archives. Tournées année après année, celles-ci dialoguent de façon saisissante avec les plans inspirés de Patricio Guzmán - et les images contemporaines du "maintien de l'ordre" -, illustrant à la fois la ténacité et la fragilité de la résistance populaire.

Réalisation

Patricio Guzmán

Pays

  • Chili

  • France

  • Espagne

Année

2018

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