Le minotaure, c’est moi ! Picasso et les taureaux
2 min
Disponible à partir du 14/06/2026
À la télévision le dimanche 14 juin à 17:55
Grand amateur de corrida, Picasso a représenté des taureaux tout au long de sa vie. Éclairée par sa biographie, une exploration d’un motif fondateur aux interprétations paradoxales.
C’est à Malaga, où il passe les dix premières années de sa vie, que le petit Pablo Picasso découvre la corrida grâce à son père, peintre animalier et grand aficionado de tauromachie. Ces spectacles, où la beauté animale côtoie la violence et la mort, laisseront en lui une empreinte indélébile, qui imprégnera, comme un fil rouge, l’ensemble de sa création. Les scènes d’arène de facture réaliste qu’il peint de mémoire à Barcelone laissent la place, pendant ses années françaises, à des tableaux cubistes d’une extraordinaire puissance, d’où l’humain est absent : chevaux et taureaux semblent mêlés l’un à l’autre, cabrés dans une lutte à mort. Sous l’influence des surréalistes, son imaginaire se charge de symboles, et c’est bientôt le Minotaure, figure mythologique à tête de taureau, qui hante des œuvres à tonalité autobiographique, habitées par un érotisme dérangeant. À travers ce double monstrueux que Picasso s’est créé, image d’une virilité triomphante et brutale, se lit en filigrane la complexité de son rapport aux femmes. Car à l’instar de la créature légendaire, qui se repaissait de chair humaine, Picasso a passé sa vie à dévorer celles qui l’aimaient pour nourrir son art.
Motif obsessionnel
De la première huile de Picasso – un picador peint à 8 ans sur une boîte de cigares – jusqu’aux scènes de tauromachie à l’encre réalisées à la fin de sa vie, en passant par le magistral Guernica ou les vanités aux crânes de bovins, ce documentaire explore un motif obsessionnel d’une extraordinaire richesse. Il fait intervenir Bernard Ruiz-Picasso, petit-fils de l’artiste, la galeriste Anne Clergue, mais aussi deux de ses biographes, Sophie Chauveau – autrice de Picasso, le Minotaure, relecture féministe de son parcours – et Annie Maïllis, pour évoquer ce pan de son œuvre teinté de passion et de violence.
Réalisation
Hilka Sinning
Pays
Allemagne
Année
2022
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