Cannes 2013 Jour 10 : Le Désert des Tartares de Valerio Zurlini (Cannes Classics)

Le sous-lieutenant Drogo (Jacques Perrin) est affecté à la forteresse Bastiani, qui domine le désert des Tartares. Au fil des ans, il est détruit par l’ennui, comme toute la garnison, dans l’attente interminable d’une hypothétique attaque de l’ennemi. Inspiré du roman de Dino Buzzati, Le Désert des tartares (Il deserto dei Tartari, 1976) réunit, outre Jacques Perrin qui a coproduit le film, Vittorio Gassman, Philippe Noiret, Max von Sydow, Jean-Louis Trintignant, Francisco Rabal, Fernando Rey, Guiliano Gemma, Helmut Griem, Laurent Terzieff…

Cannes Classics exhume ce soir un film maudit du cinéma italien, devenu difficile à voir dans de bonnes conditions. Le Désert des Tartares a bénéficié d’une restauration numérique image  en 4K à partir du négatif original avec l’accord de Cinecittà et sous le contrôle de Luciano Tovoli, directeur de la photographie du film. La restauration a été financée par le CNC dans le cadre du plan d’aide à la restauration et à la numérisation des films de patrimoine.

Après son testament cinématographique, le génial Professeur avec Alain Delon, Valerio Zurlini a réalisé un film inabouti et fantomatique, une incursion allégorique hors de l’Italie qui sera son dernier long métrage. Le Désert des Tartares est une grosse production européenne tournée en Iran où ressurgissent les motifs guerriers et le goût de l’abstraction qui semblent hanter Zurlini et qu’il avait déjà explorés dans une œuvre encore plus méconnue, Assis à sa droite, parabole de la mort du Christ transposée dans le contexte de la guerre d’indépendance du Congo de la fin des années 60.

Le Désert des Tartares est une entreprise fascinante de cinéma métaphysique que le cinéaste, dépressif, affaibli et alcoolique ne semble plus vraiment être en mesure de contrôler, mais qui offre des moments sublimes et épars, et une splendeur visuelle de chaque instant. C’est son assistant Christian de Chalonge qui aurait réalisé une grande partie du film. Zurlini meurt à l’âge de 56 ans, en 1982, après avoir signé une poignée de films sublimes comme La Fille à la valise, Eté violent ou Journal intime. Petit maître, génie maudit ou cinéaste du spleen, contemporain d’Antonioni et de Pasolini, il laisse une œuvre inachevée, mais dont les vestiges nous hanteront pour toujours.

 

Le film ressortira en salles le 12 juin distribué par Les Acacias. Il est à redécouvrir absolument.

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