Olivier Père

L’Intendant Sansho de Kenji Mizoguchi

ARTE diffuse L’Intendant Sansho (Sanshô Dayû, 1954) mardi 3 août à 0h10. Le film sera également disponible gratuitement en télévision de rattrapage sur ARTE.tv pendant six mois, avec sept autres classique de Kenji Mizoguchi proposés exclusivement sur notre site : Miss Oyu (1951), Les Contes de la lune vague après la pluie (1953), Les Musiciens de Gion (1953), Les Amants crucifiés (1954), Une femme dont on parle (1954), L’Impératrice Yang Kwei-Fei (1955) et La Rue de la honte (1956), son opus final – soit les mêmes titres qui avaient été réédités en salle en version restaurés par le distributeur Capricci lors de l’été 2019.

Pour accompagner cette programmation spéciale, ARTE.tv a produit un web-documentaire inédit de Virginie Apiou, Kenji Mizoguchi, le cinéaste à la cicatrice dans le dos.

L’Intendant Sansho compte parmi les plus grands chefs-d’œuvre de la dernière période de la filmographie de Kenji Mizoguchi. Le cinéaste japonais y décrit une société féodale où des hommes, des femmes et des enfants sont réduits à l’esclavage par de puissants seigneurs et leurs sbires. L’intendant qui donne son titre au film est un être cruel qui détient le droit de vie et de mort sur des paysans. Un jeune homme, au gré d’un destin extraordinaire, va défier les lois de son époque et s’opposer à la barbarie. Dans un monde sans morale, Mizoguchi montre une croisade désespérée et solitaire, fruit d’un long cheminement personnel. Le cinéaste y exprime ses convictions humanistes, en même temps qu’un art serein et harmonieux de la mise en scène, capable de s’imposer après le chaos et la violence. La splendeur visuelle du film s’accompagne d’un pessimisme lucide sur la condition humaine. Mizoguchi dénonce toutes les formes d’oppression et confère à son propos une dimension universelle.

Cycle Kenji Mizoguchi sur ARTE.tv du 15 juillet 2021 au 15 janvier 2022.

Catégories : Actualités · Sur ARTE

4 commentaires

  1. Aliocha dit :

    Vraiment dommage de passer un film aussi génial à une heure aussi tardive (oui, je sais qu’il sera aussi sur ARTE.tv mais symboliquement, je trouve que c’est pas top, quoi, y compris pour le reste du cycle !)… La programmation est certes de haute qualité en ce moment, mais ce chef-d’oeuvre aurait pu être diffusé par exemple à la place d’un western sans intérêt (« Sur la piste de la grande caravane ») ou d’une croûte de Denys de La Patellière…

  2. Bonnet Lydie dit :

    Excellent film !

  3. damien dit :

    Mes réalisateurs préférés étaient jusqu’à présent Antonioni, Bresson, Ford, Lang, Lynch (dans l’ordre d’importance). Mais en découvrant récemment Mizoguchi à travers « L’Intendant Sansho » et « Les Contes de la lune vague après la pluie », ce « classement » a été vite bouleversé.
    Je me demande désormais si mon dieu Antonioni n’a pas été influencé pour ses compositions par le Maître Mizoguchi.
    La fin de « L’Intendant Sansho » sur la plage semble contenir, à elle seule, dix ans avant leur sortie, « l’Avventura » d’Antonioni et la « Dolce Vita » de Fellini.
    Qu’en pensez-vous Olivier ?

  4. Olivier Père dit :

    Il est fort probable que Antonioni ait vu et apprécié certains films de Mizoguchi au début de sa carrière, même si l’accès à l’oeuvre du cinéaste japonais était mois aisée en Occident dans les années 50. Mais la découverte de ses films de la dernière période a été un choc à l’époque, et a certainement influencé d’autres réalisateurs importants.

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