La Rivière de nos amours (The Indian Fighter, 1955) est le premier film produit par Kirk Douglas qui crée la même année sa propre société Bryna Production, en s’inspirant d’un autre acteur soucieux de contrôler la fabrication et les décisions artistiques des films dans lesquels il joue, Burt Lancaster. La mise en scène de La Rivière de nos amours est confiée à un excellent réalisateur, spécialiste du film noir et du western, André De Toth. A partir d’un scénario assez classique, De Toth réalise un film splendide. La Rivière de nos amours est un western panthéiste où la nature et les sentiments des personnages sont magnifiés. Poétique, violent, antiraciste, le film évoque La Flèche brisée (Broken Arrow, 1950) de Delmer Daves. Il raconte lui aussi l’histoire d’amour compliquée mais passionnelle, dans un climat d’hostilités entre blancs et Indiens, entre un guide et la fille d’un chef Sioux. Leur étreinte finale dans les eaux de la rivière est devenue mythique et a même donnée au film son titre français, beaucoup plus évocateur que l’original. La jeune femme sioux, Onhati, dont tombe amoureux l’éclaireur Johnny Hawks est interprétée par Elsa Martinelli, qui n’avait fait auparavant qu’une apparition dans un petit film italien. Née dans une famille nombreuse et très pauvre de Toscane, Elsa Martinelli dont la beauté ne passe pas longtemps inaperçue devient très rapidement un mannequin à la carrière internationale. La légende raconte que Kirk Douglas la remarque en photo dans le magazine « Life » et suggère à André De Toth de lui confier le rôle féminin principal du western qu’ils préparent ensemble. Avec sa grâce naturelle, Elsa Martinelli apporte une sensualité et une modernité inédites à son personnage de princesse sauvageonne. La Rivière de nos amours marque également les débuts de Walter Matthau, loin des compositions comiques qui le rendront célèbre, dans le rôle d’une crapule qui saoule et tue des Indiens dans le but de trouver un gisement d’or.
Disponible en coffret collector dvd et blu-ray édité par Wild Side.


Tournés trous les deux en Oregon à quatre ans d’intervalle, LA RIVIÈRE DE NOS AMOURS et LA CHAVAUCHEE DES BANNIS sont deux westerns réunis par les même paysages mais diamétralement opposés par les saisons…
De Toth a semblé apprécier cette région, tant pour sa luxuriance printanière que pour son austérité hivernale.
Il n’est pas interdit de visionner les deux à la suite.
Je suis tombé de haut.
Ce film est une plate série B qui n’atteint jamais la moitié des sommets que certains y voient.
La nature y est filmée avec un détachement frappant, c’est un décor, pas un univers, ni une entité poétique.
Les décors sont toujours vrais; au crédit du film, cela témoigne d’une volonté d’ancrer l’histoire dans un environnement physique qui oblige les acteurs à tenir compte de ses contraintes, mais au vu de l’absence totale d’inspiration de la caméra, le regard fonctionnel permanent, jamais lyrique, jamais poétique, je devine une volonté de Kirk Douglas bien plus que d’André de Toth qui reste un faiseur sans génie.
Comment ne pas être gêné par le statisme de l’ensemble du casting? Les face-à-face plats, l’actrice italienne qui est absente, le regard vide, les dialogues sans saveur, les péripéties infantiles (Lon Chaney Jr qui file Douglas pensant qu’il va aller creuser une mine d’or en douce, à 20 mètres du campement) etc..
Kirk en fait des tonnes. Il n’y a pas de directeur d’acteur sur ce tournage.
Hank Worden interprète un tunique bleu ET un indien 20 minutes plus tard. On se fout du monde.
Lon Chaney Jr, acteur de troisième zone et ivrogne patenté signe un beau regard caméra involontaire au milieu d’un plan-séquence (on me voit encore?)
Plus les insupportables gamins, ça fait beaucoup !