Olivier Père

Sans toit ni loi de Agnès Varda

ARTE consacre la soirée du lundi 18 mars à Agnès Varda avec la diffusion de son essai documentaire inédit Varda par Agnès, découvert lors de la Berlinale, où elle revient sur ses expériences de cinéaste, encadré par deux de ses meilleurs longs métrages de fiction : Sans toit ni loi à 20h55 et Cléo de 5 à 7 en troisième partie de soirée. Les trois films seront disponibles gratuitement en télévision de rattrapage pendant sept jours sur ARTE.tv.

C’était en 1985, à une époque où l’on ne parlait pas de SDF, à une époque où la marginalité était considérée comme un état volontaire, désiré par des hommes et des femmes qui refusaient les règles de la société. Sans toit ni loi, le chef-d’œuvre d’Agnès Varda avec Sandrine Bonnaire (Lion d’or au Festival de Venise), suit le cheminement d’une jeune fille sans attaches vers sa disparition. Mona est retrouvée morte de froid dans un fossé au bord d’une route du sud de la France. Cette fin tragique nous est livrée en guise d’introduction. Agnès Varda choisit de faire un film en forme de retour en arrière mais aussi de portrait à multiples entrées. Ceux qui l’ont croisée livrent sur Mona des observations subjectives, une parcelle de vérité. Mais la jeune vagabonde demeure un personnage insaisissable, qui échappe à la moindre explication, et que Varda ne parvient pas à comprendre. La cinéaste partage un peu de sa liberté, et beaucoup de son énergie, en réalisant un film à la fois ouvert aux accidents de la vie et hyper-formaliste, truffé d’idées de mise en scène. Le film rejoint par bien des aspects Cléo de 5 à 7 : il s’agit d’accompagner dans son errance une jeune femme confrontée au spectre de la mort. La mort hante les deux films, présentée d’emblée dans Sans toit ni loi, menace diffuse dans Cléo de 5 à 7. Entre cinéma vérité et architecture ciselée du montage, Varda précise son goût des autres et des rencontres, toujours à la recherche d’une écriture poétique spécifique.

Sandrine Bonnaire dans Sans toit ni loi de Agnès Varda

Sandrine Bonnaire dans Sans toit ni loi de Agnès Varda

 

 

 

 

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Un commentaire

  1. jerome dit :

    j’avais 20 ans assoiffé de Cronenberg, Friedkin, et tutti quanti et je me revois siffler ce film dans une salle quasi vide. Insupportable, faux et tellement à côté de la plaque. Bonnaire se mouchant avec ses doigts! Bien curieux de le revoir adulte et peut-être de l’aimer.

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