Olivier Père

À l’est d’Éden de Elia Kazan

ARTE diffuse À l’est d’Éden (East of Eden, 1955) dimanche 10 mars à 20h55. Le film sera suivi à 22h40 d’un documentaire inédit, Un Américain nommé Kazan de Claire Duguet, qui revient sur la carrière et les ambivalences de cet éternel outsider, entre théâtre et cinéma, gloire et infamie. Premier film en couleur et en Cinemascope de Elia Kazan, À l’est d’Éden survient après le triomphe de Sur les quais l’année précédente. Il s’agit d’une adaptation partielle du roman de John Steinbeck par le scénariste Paul Osborn. Le titre est une allusion au verset biblique relatant la fuite de Caïn après le meurtre de son frère Abel. Situé en 1917 à Salinas Valley, lieu de naissance de Steinbeck, le film relate les secrets et les drames d’une famille de propriétaires terriens du point de vue de Cal, fils incompris et mal-aimé qui se considère lui-même comme l’incarnation du mal. À l’est d’Éden est une œuvre trois fois autobiographique. Steinbeck, Kazan et le jeune James Dean, dont c’est le premier rôle en vedette, y ont projeté leur propre histoire, et leur relation conflictuelle avec la figure paternelle. Kazan avait débuté sa carrière au théâtre, comme acteur et metteur en scène dans les années 30 au Group Theatre, puis en participant à la fondation de l’école d’art dramatique Actors Studio en 1947. Au cinéma, Kazan va gagner une réputation de directeur d’acteurs et d’actrices extraordinaire. Ses trois films avec Marlon Brando font transformer l’acteur débutant en superstar. Pour le rôle de Cal dans À l’est d’Éden, Kazan porte son dévolu sur un jeune élève de l’Actors studio qui avait déjà rencontré le succès à Broadway dans la pièce d’André Gide L’Immoraliste. Révélé sur le grand écran par Kazan, James Dean est devenu grâce à son interprétation sensible et tourmentée le symbole mondial de toute une génération immature en lutte contre l’autorité. La mise en scène de Kazan accède à une ampleur nouvelle avec ce film aux accents psychanalytiques et tend vers le lyrisme et la poésie.

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3 commentaires

  1. JICOP dit :

    Le roman de Steinbeck est magnifique . Dommage que Kazan n’ait pas adapté l’intégralité de celui-ci mais c’est vrai qu’il est foisonnant .
    La réalisation est magnifique , quasi avant-gardiste avec ses cadrages obliques et un cinémascope de toute beauté .
    Un sujet aux résonnances bibliques couplé à une influence Tennessee Williams prononcée .
    Tout ceci conduit à un classique mérité ou la direction d’acteur de Kazan fait merveille , meme si il est de bon ton de critiquer le jeu affecté de Dean .
    Mention spéciale pour Jo Van Fleet dans un role peu sympathique .
    Un des must d’Elia Kazan , immense réalisateur malheureusement associé à ses témoignages controversés pendant le maccarthysme .

    PS : Bonjour Olivier . Auriez vous la gentillesse pour une rapide explication . Pendant la diffusion en v.f du ” grand Mc Lintock ” , la voix Française de John Wayne changeait pendant de courtes séquences de son doubleur attitré . Est ce parce qu’Arte avait une version ” uncut ” du film ou quelque chose de ce genre ? Merci de votre réponse .

    • Olivier Père dit :

      oui il doit s’agit de compléments de doublage car il existe une version de 122 minutes et une version de 128 minutes. Je n’ai pas revu le film et c’est un apport allemand, mais je pense que c’est la version longue qui a dû être diffusée.

  2. JICOP dit :

    Merci Olivier . Je n’avais pas vu le film d’Andrew McLaglen auparavant , donc je n’avais pas de point de comparaison . Les scènes supplémentaires se limitant de toute façon à quelques lignes de dialogues sans importance notable .

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