Olivier Père

Les Mutins du Yorik de Georg Tressler

ARTE diffuse Les Mutins du Yorik (Das Totenschiff, 1959) de Georg Tressler lundi 29 janvier à 23h05. Le film sera également disponible en télévision de rattrapage pendant sept jours sur le site d’ARTE. Cette coproduction germano-mexicaine est une rareté à découvrir à l’occasion du cycle consacré par ARTE au centenaire de la UFA. Elle devrait réjouir les amateurs de cinéma d’aventures et les admirateurs de l’écrivain B. Traven, le mystérieux auteur du Trésor de la Sierra Madre. Les Mutins du Yorik est en effet adapté d’un de ses romans, Le Vaisseau de la mort, écrit en 1926. Sous le pseudonyme de B. Traven se dissimulait l’Allemand Otto Feige, qui utilisa plusieurs noms au gré d’une existence bien remplie et chercha à brouiller les pistes sur son passé. Grand voyageur, acteur, militant politique, B. Traven trouvera aussi le temps d’écrire une cinquantaine de romans.

Si Le Trésor de la Sierra Madre de John Huston avec Humphrey Bogart a immortalisé à l’écran l’univers de B. Traven en 1948 (le roman datait de 1927), Les Mutins du Yorik se révèle aussi une excellente adaptation cinématographique. Le film raconte les mésaventures d’un marin américain dont les papiers sont volés par une prostituée dans le port de Anvers lors d’une escale. Incapable de prouver son identité, il ne peut ni embarquer à bord d’un autre bateau, ni rester aux Pays-Bas. Commence alors une période d’errance et de clandestinité où le jeune homme vagabonde de port en port, bloqué par une situation administrative absurde, et nostalgique du grand large. L’attrait qu’exerce sur lui l’océan, plus le désir de retourner en Amérique vont attirer le marin dans un piège. Engagé comme soutier sur un rafiot, il découvre trop tard les épouvantables conditions de vie réservée à un équipage constitué d’âmes damnées, les nombreuses avaries du bateau et les desseins criminels du capitaine et de son second, trafiquants sans scrupules. Le vent de l’aventure souffle sur Les Mutins du Yorik, mais aussi celui de la poisse, des occasions manquées et des mauvaises rencontres. Philip Gale (interprété par la jeune vedette du cinéma de la RFA, le séduisant Horst Buchholtz) déborde d’enthousiasme et de dynamisme, mais joue de malchance et prend des décisions aux conséquences catastrophiques. Les Mutins du Yorik se présente ainsi comme une odyssée négative, où l’énergie de son héros va se consumer au fil d’une série de désastres. Riche en péripéties, en personnages hauts en couleur et crapules en tous genres, le film de Georg Tressler présente des similitudes avec le fantastique social d’un Marcel Carné ou d’un Clouzot, mais aussi avec les séries B américaines. C’est un bel exemple de film noir européen.

Horst Buccholtz et Mario Adorf dans Les Mutins du Yorik de Georg Tessler

Horst Buccholtz et Mario Adorf dans Les Mutins du Yorik de Georg Tressler

 

 

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3 commentaires

  1. MB dit :

    Bonjour Olivier
    Cette chronique est-elle en ligne depuis longtemps? Je ne la découvre qu’aujourd’hui et le film est passé hier. J’ai remarqué que certaines chroniques sortaient à une date très postérieure à celle donnée en en-tête.

    • olivierpere dit :

      Bonjour la plupart des chroniques sont antidatées car je prend souvent du retard sur mon calendrier. Celle sur Les Mutins du Yorik a été postée hier soir quelques heures avant la diffusion du film (désolé je fais en sorte que cela arrive le moins souvent possible). Mais vous pouvez rattraper le film en Replay sur le site d’ARTE.

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