Olivier Père

A.I. Intelligence artificielle de Steven Spielberg

ARTE diffuse A.I. Intelligence artificielle (Artificial Intelligence: AI) de Steven Spielberg lundi 23 octobre à 20h50.

En 2001, A.I. Intelligence artificielle marque un retour à la science-fiction dans la filmographie de Steven Spielberg, vingt ans après le succès planétaire de E.T. l’extraterrestre. Spielberg reprend un projet développé par Stanley Kubrick d’après une nouvelle de Brian Aldiss et pose un regard angoissant sur l’avenir de l’humanité. On a longtemps spéculé sur la légitimité de Spielberg, réalisateur jugé mièvre et sentimental par ses détracteurs, à succéder à Kubrick, cinéaste à l’intelligence froide. Pourtant le film frappe par sa cruauté, son ambiance cauchemardesque, son refus de la moindre concession au confort du spectateur. Steven Spielberg a écrit le scénario de A.I.. Sa dernière participation à l’écriture de l’un de ses propres films remontait à Rencontres du 3ème type en 1977. L’implication de Spielberg dans A.I. est totale et marque un tournant dans sa carrière. Spielberg abandonne son optimisme habituel pour conter une odyssée désespérée, avec des éléments triviaux, désagréables et des visions du futur qui confinent à l’obscénité – la ville bordel, les pogroms de robots, les jeux du cirque où des androïdes sont réduits en pièces. Cette orientation très sombre va se prolonger avec le morbide Minority Report et La Guerre des mondes, qui porte les stigmates du traumatisme du 11 septembre 2001. Dans A.I., la description inquiète d’un futur glacial où les androïdes domestiques sont victimes d’un holocauste évoque les désastres du XXème siècle, les dérives de la science et les catastrophes écologiques qui menacent notre planète. La quête de cet enfant robot abandonné par ses parents d’adoption emprunte sa structure et plusieurs personnages au conte Pinocchio. L’histoire de A.I. est tragique. Elle dénonce les apprentis sorciers qui prêtent des émotions aux machines et les sacrifient sur l’autel de l’égoïsme, faute d’amour.

A.I. Intelligence artificielle de Steven Spielberg

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3 commentaires

  1. Sawyer dit :

    Je suis assez mitigé sur « A.I »… mais si le film a pu préparer le terrain à l’ébouriffant « Minority Report », alors oui, ça valait quand même le coup.
    Bon, cela dit, la fin est très belle : quand l’enfant vit enfin une journée de rêve avec sa mère.
    Sinon, petite anecdote amusante sur Kubrick…
    Lors de l’écriture du scénario avec Brian Aldiss, ce dernier, une nuit, a une idée… et il se dit que c’est l’idée du siècle !
    Le lendemain, il rapporte l’idée, tout content, à Kubrick.
    Et Kubrick lui rétorque : « C’est à chier, Brian. C’est à chier debout ».

  2. ballantrae dit :

    Film assez étrange, brillant par moments ( la première partie chez les parents jusqu’à l’abandon), plus bancal à d’autres ( les jeux du cirque pour robots, les conclusions enchâssées sauf la toute fin effectivement sublime).
    Plus nettement réussies sont d’autres SF de Spielberg: Close encounters, Le monde perdu, Minority report et La guerre des mondes (exception faite de la très curieuse fin que je n’arrive pas à avaler même en tant que « fantasme ») sont vraiment impressionnants.
    Plus bas, vous dites Olivier ne pas forcément aimer tout le Spielberg historien et pourtant Schindler’s list, Empire du soleil, Lincoln , Saving private Ryan, Le pont des espions -voire par intermittences Amistad et Cheval de guerre- me semblent recéler des trésors de réflexion narrative et plastique pour restituer la « grande hâche de l’Histoire » pour paraphraser Perec même si quelques glissements purement entertainment altèrent épisodiquement le tout.
    Parlant du côté entertainment, il me semble évident que Duel, Jaws, Indiana jones ( le 1er et le 3ème), Tintin, Always, Attrape moi si tu peux , les 2 Jurassik Park sont assez réjouissants par leur sophistication et leur dynamisme.
    J’ai moi aussi un temps fait la fine bouche face à Spielberg mais au fil du temps lui ai accordé une place de + en + importante dans mon paysage cinématographique.
    Il a ses ratés ( 1941, Le bon gros géant, Le terminal, Indiana Jones 4) , ses films célèbres mais un peu datés ( ET, indiana jones 2, La couleur poupre…) mais il est de l’étoffe des grands et non de celle des faiseurs.

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