Olivier Père

Marathon Man de John Schlesinger

ARTE diffuse lundi 8 juin à 20h50 Marathon Man (1976) de John Schlesinger.

C’est sans conteste l’un des meilleurs thrillers des années 70, réussite que l’on doit à l’association de plusieurs talents devant et derrière la caméra.

Produit par Robert Evans (Le Parrain, Chinatown) pour la Paramount, Marathon Man est écrit par William Goldman, qui adapte son propre roman à l’écran, tandis que l’image est due à Conrad C. Hall, excellent directeur de la photographie américain. Le choix le plus surprenant est celui de John Schlesinger à la mise en scène, cinéaste anglais réputé pour ses drames psychologiques en Grande-Bretagne (Darling) ou aux Etats-Unis (Macadam Cow-boy) mais qui n’avait jamais signé de film à suspens. Coup d’essai Marathon Man est aussi un coup de maître que le réalisateur ne renouvèlera pas par la suite.

Le style nerveux et réaliste de Marathon Man, ses ambiances urbaines cosmopolites (Paris dans le prologue, New York), la séquence de la jungle équatoriale où se cache un criminel nazi inspiré par Mengele et les ramifications géopolitiques de son intrigue le rapprochent des films de Friedkin ou Frankenheimer réalisés à la même époque. Marathon Man baigne dans un climat d’insécurité, de déliquescence morale et de chaos typique des années 70. La pollution, la violence et l’inquiétude contemporaines trouvent leurs racines dans l’Histoire des Etats-Unis – le traumatisme du personnage interprété par Dustin Hoffman dont le père historien s’est suicidé à cause du maccarthysme – et de l’Europe du XXème siècle.

Au-delà de son scénario diabolique et de son sujet – une généalogie du Mal qui fait resurgir les monstres du nazisme en plein cœur de la plus grande ville juive du monde, habitée par des survivants de la Shoah, Marathon Man orchestre la rencontre entre deux méthodes de jeu : la nouvelle génération américaine héritière de la fameuse « méthode » de l’Actors studio (Dustin Hoffman) et le grand acteur shakespearien Laurence Olivier, gloire du vieux continent terrifiant en tortionnaire nazi quittant sa tanière pour récupérer dans une banque de Manhattan un trésor souillé du sang de ses victimes juives.

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3 commentaires

  1. coat dit :

    Ce film m’a fait comprendre combien il est salutaire de devenir un coureur de fond ….

  2. benys dit :

    oui excellent mon ami,

  3. coat dit :

    Depuis, j’ai laissé mes chaussures de course au placard et je pratique le yoga …
    L’immobilité ça dérange le siècle …
    Le voyage est intérieur et la circulation d’énergie, interne, économie de moyens …

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