Olivier Père

Django de Sergio Corbucci

Sergio Corbucci est l’auteur, avec les deux autres grands Sergio (Leone et Sollima) des meilleurs westerns italiens. Ce cinéaste aussi talentueux que désinvolte, qui tourna de nombreuses comédies sociales ou burlesques, réalise en 1966 Django, un film très cruel qui va orienter le filon impur du western transalpin vers une surenchère baroque, surréaliste et sadique. Franco Nero y interprète un officier nordiste traînant derrière lui un cercueil dissimulant une mitrailleuse. Il erre tel un fantôme dans un village boueux soumis à la tyrannie d’un chef de clan raciste. Comme toujours chez Corbucci, les allusions au fascisme ou à la mafia (un espion a l’oreille tranchée et placée dans sa bouche avant d’être tué) foisonnent au milieu de péripéties sadomasochistes proches du cinéma d’horreur. Célèbre pour ses films violents (Django fut le premier western interdit aux moins de dix-huit ans), Corbucci aime aussi la dérision et la truculence. C’est sans doute ce cocktail de délire et de réalisme, d’humour et de violence qui plaît autant à Tarantino, qui n’a jamais caché son admiration pour les westerns de Corbucci, au point de prénommer son propre héros, un ancien esclave, Django. C’est d’ailleurs Django Unchained qui offre au distributeur Carlotta l’opportunité de la reprise de ce classique du cinéma bis, dans les salles depuis hier, en version restaurée.

Dans les annales du western italien, Django (1966) fait figure de film séminal. Deux ans après Sergio Leone et Pour une poignée de dollars, Sergio Corbucci participe lui aussi avec Django à l’invention du western européen jusque-là cantonné dans l’imitation servile et médiocre des classiques américains. Sergio Corbucci a été l’un des artisans les plus prolifiques et les plus inspirés du western à l’italienne. Il va exacerber, avec un bonheur égal, le genre dans deux directions opposées, et toutes latines : la cruauté et la bouffonnerie. Django et Le Grand Silence, ses westerns les plus célèbres, appartiennent à la première catégorie, portés par une esthétique de la violence qui substitue à l’ironie et au naturalisme léoniens un sadisme presque surréaliste. Django se présente comme une allégorie sur le totalitarisme avec un état en proie au chaos et à des massacres perpétrés sur la population mexicaine par un tyran local et ses sbires, qui apparaissent souvent avec des cagoules rouges. Le scénario, pourtant écrit à cinq mains minimum comme d’habitude avec les productions italiennes de cette époque, semble bâclé et copié sur celui de Pour une poignée de dollars. Corbucci puise son inspiration dans les films d’horreur gothiques (il avait lui-même tourné un excellent Danse macabre) et invente un antihéros torturé qui traîne derrière lui un cercueil et débarque dans une ville fantôme enfouie sous la boue. Le cercueil dissimule une mitrailleuse. Django aura les mains réduites en bouillie par ses tortionnaires. Le final où s’accomplira la vengeance du pistolero martyrisé se déroule dans un cimetière abandonné.

Django

Django

Le succès du film engendrera de nombreuses imitations et fausses suites. Corbucci fera un peu mieux plus tard (Navajo Joe, Le Grand Silence, El Mercenario, Companeros, Far West Story) mais il parvient ici à créer un personnage mythique, avec la complicité des yeux bleus de Franco Nero. Corbucci dira ainsi : « Johh Ford avait John Wayne, Sergio Leone avait Clint Eastwood, et moi j’ai Franco Nero. »

Franco fait d’ailleurs une apparition clin d’oeil dans Django Unchained. Le film de Tarantino est  – parmi tant d’autres choses – un bel hommage au cinéma de Corbucci, et pas seulement à Django. Le Grand Silence, Navajo Joe, Companeros, Les Cruels et El Mercenario sont aussi cités avec intelligence. Humour, cruauté, lyrisme, cynisme, histoire et politique, émotion et vulgarité : c’était le cocktail explosif qui faisait le charme et l’originalité des westerns de Corbucci. On retrouve ces ingrédients dans le film de Tarantino, passionnant jusque dans ses fautes de goût et sa mégalomanie car véritablement expérimental et inventif. On y reviendra.

 

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18 commentaires

  1. Hilld dit :

    A quand votre critique du Tarantino?

    • olivierpere dit :

      Désolé pour cette interruption (technique) des discussions, mais c’est reparti. Laissez-moi digérer le Tarantino, c’est un gros morceau. Mais j’aime beaucoup…

  2. jack2454 dit :

    DJANGO ne fut aucunement interdit aux moins de 18 ans en France. Il sortit coupé de pluisieurs scènes (flagellation de Maria et écrasement des mains de Django écourté, amputation de la langue du pasteur censurée) dans une version réduite à 75 minutes et interdite seulement aux moins de 13 ans. Le film en version intégrale n’aurait jamais obtenu son visa à l’époque… Le premier western à avoir été interdit aux mineurs (de 18 ans) est « Et pour quelques doillars de plus …  » de Leone. Auparavant, plusieurs westerns américains furent interdits aux moins de 16 ans puisque présentés avant 1961: « Le gaucher », « Libre comme le vent », « Winchester 73 », « L’attaque de la malle poste », « les bannis de la sierra », « la cible humaine », …

    • olivierpere dit :

      Merci pour ces précisions. Je savais que « Django » avait été victime de plusieurs coupes lors de sa sortie française mais je croyais qu’il avait été quand même interdit aux mineurs. Laissons ce privilège au film de Leone!

  3. jack2454 dit :

    Pour faire suite, DJANGO subit les foudres de la censure dans bon nombre de pays. En France, il fut amputé de plusieurs plans et fut totalement interdit en Angleterre par exemple. En Italie, il fut interdit aux moins de 18 ans mais à ma connaissance ne fut pas coupé. Ceci est curieux vu l’extrême violence de l’oeuvre alors que DJANGO KILL fut retiré des salles quelques jours après sa sortie nationale italienne et ne fut redistribué que sérieusement coupé assorti d’une interdiction aux moins de 18 ans. Historiquement, les premiers westerns à avoir été interdit aux moins de 18 ans en France ont été « Et pour quelques dollars de plus », « Le bon, la brute, le truand » et « Pas d’orchidées pour le shérif ». Une anecdocte concernant ce dernier (il s’agit d’un tout petit film signé Nick Nostro qui réapparut au cours des années 70 dans une version caviardée de scènes érotiques rebaptisée « Pour un dollar d’amour » ) : il sortit même au « Midi-Minuit » et au « Scarlett », salles alors spécialisées dans l’épouvante et l’érotisme avec la mention « en raison de sa cruauté et de sa violence, ce film est interdit aux moins de 18 ans » !!!!!!!!!!!! Et pourtant, nous étions loin de la violence et de la cruauté de DJANGO …

    • olivierpere dit :

      Par Django Kill (titre américain) vous entendez « Tire encore si tu peux » de Giulio Questi (1967) avec Tomas Milian qui subit en effet les foudres de la censure italienne. Il est vrai que ce western atypique se rapproche par certains aspects du film d’horreur, qu’il comporte plusieurs scènes choquantes et suggère un viol collectif homosexuel. C’est un western italien de référence pour Quentin Tarantino (cité dans Kill Bill vol. 2), Nicolas Winding Refn et Gaspar Noé. On peut désormais le voir en DVD en version intégrale.

  4. jack2454 dit :

    « Tire encore si tu peux » est un film particulièrement intéressant. En fait, c’est un faux Django. Le film est sortit très censuré en France avec une interdiction aux moins de 13 ans. On peut le découvrir aujourd’hui en version intégrale en DVD. De plus, il existe une superbe édition américaine intégrale en blu ray all régions chez Blue Underground … Lors de la première vision, le film ne m’avait pas intéressé plus que cela. Une seconde et une troisième vision m’a fait découvrir une oeuvre résolument atypique et fantastique, un grand film. L’histoire du 7ème art ne compte pas beaucoup de westerns versant dans le fantastique. Citons :

    – Dans les griffes du vampire (Curse of the undead) de Edward Dein (1959). Malheureusement inédit en DVD. Le film eut droit à une édition VHS NTSC par Universal.

    – L’homme des hautes plaines (High Plains Drifter) de Clint Eastwood (1973). Dans sa version originale. La pitoyable version française dénature complètement le final surprenant …

    – Pale Rider de Clint Eastwood (1985).

    Il est vrai que DJANGO KILL devient un film d’horreur par certaines scènes (l’indien scalpé, les balles en or extraites du blessé, le viol suggéré de l’otage, l’homme recouvert d’or fondu brulant, …) et est une bande fantastique par son scénario (Thomas Milian est un revenant, …). Et ô combien est surprenante la bande de cow-boys homos habillés de noir …

    En fait, TIRE ENCORE SI TU PEUX, s’il est un enfant illégitime de DJANGO, en hérite de toute sa démesure et de sa folie …

    • olivierpere dit :

      Giulio Questi n’a réalisé que trois longs métrages mais ils sont particulièrement étranges et déviants : « La mort a pondu un oeuf » est un faux giallo et « Arcana » une histoire de sorcellerie moderne. Les films de Questi doivent sans doute beaucoup à sa collaboration avec le monteur / scénariste Franco « Kim » Arcalli qui était très proche de Bertolucci mais a aussi travaillé avec Antonioni, Cavani, Brass, Leone… Personnalité extrêmement brillante et créative qui a beaucoup apporté aux meilleurs comme aux plus bizarres films italiens des années 70 et leur mélange de transgression sexuelle et politique, comme dans « Tire encore si tu peux. »

  5. jack2454 dit :

    DJANGO est aujourd’hui un film culte. Il est vrai qu’il possédait tous les ingrédients pour le devenir. A la base, un film culte n’est pas forcément un grand film et j’ose même affirmer qu’un grand film devient rarement un film culte. Ainsi, « Autant en emporte le vent » et « Il était une fois dans l’ouest » sont de grands films mais ne sont pas des films cultes et ne le deviendront jamais. Leurs succès a tué cette possibilité en les classant dans le « politiquement correct » ce qui est un handicap pour accéder au rang de film culte. A la notion de film culte se rattache celle de folie. Un film culte étant le plus souvent un ovni dans l’univers cinématographique et un enfant mal élevé du 7ème art né du hasard.
    Tout d’abord, DJANGO est un film fauché construit au jour le jour un peu à la manière d’un puzzle. Il n’y avait pas vraiment de scénario au départ et ce qui a servi le film ce sont les difficultés financières et autres rencontrées. Il ne devait pas y avoir de Ku Klux Klan… Le film a été en grande partie tourné en Espagne et ce sont des autochtones qui ont été embauchés à la va vite pour interpréter les fanatiques sudistes. Les interprètes « jugés trop laids » furent dissimulés derrière des cagoules rouges !!! On peut se demander si le film aurait eu cette dimension sans les fameux hommes masqués … En fait, nous nous serions retrouvés devant une pâle copie de « Pour une poignée de dollars »‘ !!! Il est vrai que le scénario n’est pas sans rappeler celui du premier western de Léone : étranger énigmatique arrivant dans une ville fantôme frontalière contrôlée par deux bandes rivales (l’une mexicaine,l’autre américaine). Néanmoins, la similitude entre les deux films s’arrêtera là et d’ailleurs le scénario de « Pour une poignée de dollars » a puisé également son inspiration ailleurs … Précisons que l’étranger mystérieux arrivant dans une ville à problèmes existait déjà dans le western américain avec notamment « Shane, l’homme des vallées perdues »…
    « Pour une poignée de dollars » est politiquement correct, « Django » ne l’est pas. Le premier est devenu un grand film et le second un film culte. Ce qui différencient les deux films, c’est le classissisme de Léone (j’ose le dire !!!) et l’anti conformisme total de Corbucci. La violence de « Pour une poignée de dollars » est raisonnée, justifiée et finalement mesurée alors que celle de « Django » est irraisonnée, complaisante et injustifiée. Le rôle de la femme dans DJANGO est intéressant. Il faut dire que la femme est peu employée dans le western spaghetti et est très rarement maltraitée dans le western américain (où elle est décorative) à l’exception de l’étonnant « Violence à Jericho » (Rough night in Jericho) de Arnold Laven (1967) où Dean Martin, superbe à contre emploi dans un rôle de méchant, administre une sévère correction à Jean Simmons (cette scène valut au film beaucoup de problèmes avec la censure dans bon nombre de pays et il sortit en France d’ailleurs interdit aux moins de 18 ans) … Dans DJANGO la femme est très malmenée. Maria est fouettée par les mexicains, manque d’être tuée par les sudistes, est grièvement blessée par les hommes de Hugo. Comme les autres pensionnaires du saloon, elle n’est qu’un objet d’amour pour les mexicains et pour les sudistes. La femme devenue objet sera encore plus malmenée dans l’extraordinaire BLINDMAN de Ferdinando Baldi (1971).
    DJANGO est aussi une oeuvre mystique. Le héros se promène avec un cercueil et le duel final, dans un cimetière, tonne au rythme d’une prière (signalons que ce côté religieux a fortement choqué les américains qui ont gommé la prière dans le doublage anglais).
    Si DJANGO n’est pas vraiment un western fantastique comme l’est le DJANGO KILL, il est fantastique par son climat (fanatiques du KKK) et par le cadre (ville fantôme boueuse).
    DJANGO s’affirme comme l’un des plus grands westerns avec « La Horde sauvage » de Peckinpah. Je ne ferai pas de manichéisme. Pour moi, le western est un genre à part entière. Un genre américain puis italien, le premier ayant donné naissance au second.

  6. jack2454 dit :

    Guilio Questi est un curieux metteur en scène puisqu’il n’a réalisé que 3 longs métrages pour le cinéma dont le fameux DJANGO KILL. Les deux autres films sont « La mort a pondu un oeuf » et « Arcana » comme vous le précisez. L’attirance de Questi pour l’univers du fantastique est plus qu’évident. Je n’ai pas vu ARCANA (qui semble rare) mais je connais très bien LA MORT A PONDU UN OEUF (1968) qui est un giallo très particulier et, pour vous citer, une sorte de faux giallo. LA MORT A PONDU UN OEUF a tout pour devenir un film culte … C’est une excellente fiction, une oeuvre très étrange voire déconcertante. Sorti furtivement en France, il a été distribué aussi sous le titre (racoleur) LE SADIQUE DE LA CHAMBRE 24. Il a fait les dernières belles soirées du « Colorado » et du « Brady », salles parisiennes spécialisées dans le fantastique. Un bien beau casting : Trintignant, Lollobridgida et Aulin. Fantasmes sado masochistes, manipulations génétiques et machination criminelle sont les ingrédients de ce film aussi trouble qu’attirant. Aulin et Lollobridgida sont sublimes, Trintignant très bon comme toujours. Il est à signaler que le DVD italien (16.9) est censuré et ne présente que très peu d’intéret. Par contre, il existe un beau DVD japonais (format respecté mais non anamorphique) qui propose une version qui serait intégrale (mais je n’ai pas vu le film à sa sortie en france en salles) … Malheureusement, ce DVD épuisé et très difficile à trouver se négocie assez cher. En examinant l’oeuvre de Questi, on comprend mieux l’univers particulièrement étrange de son DJANGO KILL qui serait (presque) un faux western comme LA MORT A PONDU UN OEUF est un faux giallo. Questi travaille sur les apparences et les faux semblant en utilisant des miroirs qui nous renvoie des images inversées.

    • olivierpere dit :

      D’accord avec vous sur « La mort a pondu un oeuf ». J’ai vu « Arcana » en VHS mais ce film n’est pas à la hauteur des deux précédents : histoire très ésotérique de sorcellerie dans le monde contemporain (dans mon souvenir) avec Lucia Bosé et Tina Aumont. Le film est assez ennuyeux et terne, il n’a connu qu’une sortie confidentielle en Italie à ma connaissance et son échec a entraîné la fin prématurée de la carrière de Questi qui a continué à travailler pour la télévision et à réaliser quelques courts métrages il me semble.

  7. jack2454 dit :

    ARCANA (1972) serait donc une réminiscence de la vogue witchcraft seventies engendrée par le sublime ROSEMARY’S BABY de Polanski … mais un loupé d’après vous. Dommage !!! DJANGO KILL (1967) et LA MORT A PONDU UN OEUF (1968) sont étonnants par leur folie et leur originalité ce qui me laissait espérer une bonne surprise … Alors, dans le genre, il vaut mieux revoir TOUTES LES COULEURS DU VICE de Sergio Martino !!! Il est étonnant de constater que Questi a pu passer avec talent d’un giallo à résonnance expérimentale au western, domaine qui lui était complètement étranger. La réponse à cette interrogation tient peut être dans le fait que DJANGO KILL est un faux western et que LA MORT A PONDU UN OEUF est un faux giallo. Nous sommes dans le monde des faux semblants et Questi semble être à l’aise dans ce jeu où le spectateur est confronté aux miroirs déformants. Oui, DJANGO KILL est un faux western et un film outrancier. Il y a dans ce film un côté psychotique et expérimental que l’on retrouvera dans LA MORT A PONDU UN OEUF. DJANGO KILL est un faux western comme il est un faux Django. Le héros interprété par Thomas Milian ne s’appelle d’ailleurs par Django mais l’Etranger. Il est clair que le nom de Django n’apparaît dans le titre américain que pour récupérer le succès du film de Corbucci. Le héros est l’homme sans nom et est un revenant comme le sera L’HOMME DES HAUTES PLAINES (1973). Le parallèle avec le film de Eastwood n’est pas exagéré car dans les deux films la ville est … L’ENFER !!! Les habitants sont mauvais et plus méprisables les uns que les autres. C’est un lieu de damnation et ils sont damnés. Eastwood s’est-il inspiré du film de Questi en l’accomodant à la sauce Shane ? La question peut se poser … Le titre original DJANGO KILL – IF YOU LIVE … SHOOT ! en dit d’ailleurs beaucoup plus long sur le côté fantastique du film que la ridicule « traduction » française (TIRE ENCORE SI TU PEUX). Je ne pense pas que Questi aurait pu faire d’autres westerns tant son DJANGO KILL est un ovni dans le genre et dans le 7ème art en général. Il y a des metteurs en scène qui par « accidents » produisent des oeuvres rares. Il serait aussi incohérent de penser que Vadim après BARBARELLA ait pu se spécialiser dans la science-fiction … Les films nés accidentellement seraient-ils voués à figurer au Pantéon cinéphilique ?

    • olivierpere dit :

      Dans mon souvenir « Arcana » était plus proche de « Season of the Witch » de George A. Romero (fantastique à résonance sociale et psychanalytique) que de « Rosemary’s Baby ». Il faudrait le revoir, j’en ai un souvenir confus et je l’avais découvert sur une copie VHS de très mauvaise qualité. Mais cela n’avait rien à voir avec les « gialli » fantastiques de Sergio Martino ou Dario Argento qui se produisaient en Italie à l’époque.

  8. jack2454 dit :

    Extraordinaire est aussi LE GRAND SILENCE … une oeuvre aussi violente qu’atypique. Atypique par son contexte, l’histoire se déroule dans des paysages enneigés … atypique par son final, il n’y a pas de happy end et le méchant triomphe.
    A sa sortie à Paris, le film fut projeté intégral quelques jours avant d’être censuré (le massacre final des otages). Il était interdit aux moins de 18 ans. Il est à noter que la version anglaise qui circulait à Paris était encore plus coupée). Quelques années plus tard, LE GRAND SILENCE réapparut en version française intégral au Royal Haussmann. Lors d’une première diffusion sur Canal +, ce fut la version censurée qui passa (ils ignoraient que le film avait été coupé). Ensuite, il passa complet (grâce à une très discrète intervention de ma part).

    • olivierpere dit :

      Bravo grâce à vous nous avons pu découvrir la version intégrale d’un des meilleurs films de Corbucci, longtemps invisible en France.

  9. jack2454 dit :

    Le DVD édité par Canal + demeure l’ édition de référence du GRAND SILENCE (format respecté 16.9 anamorphique, très belle image, version italienne et version française, uncut, happy end en bonus). Quoi demander de mieux !!!

    L’édition américaine présentait le film dans une copie de moins belle qualité en version anglaise sans sous-titres et non anamorphique. De plus, quelques plans manquerait dans le massacre final.
    Un blu ray du GRAND SILENCE est sortit au Japon. Il serait régionalisé. De toutes manières, il est plus qu’à craindre qu’il soit très inférieur au DVD de Canal + et qu’il ne soit pas issu d’un master HD… les japonais ayant la fâcheuse manie de prendre de vieux masters. Et n’ayons pas peur de le dire … il y a eu très peu de beaux DVD édités au Japon et encore moins de beaux blu ray. Il apparaît donc raisonnable d’attendre la sortie blu ray de ce film en Europe (Allemagne ???) ou en Angleterre …

  10. Jean-Pascal Mattei dit :

    Les grands imagiers nihilistes et lyriques terminent souvent leurs films dans un cimetière : Leone, Ringo Lam ou Tsui Hark. Nero le bien-nommé se révèle un ange exterminateur que sa blondeur ne mettra pas à l’abri d’un calvaire doloriste (et donc christique – culture italienne oblige). Que pensez-vous de l’avis de Spike Lee sur le Tarantino ?

    • olivierpere dit :

      j’y vois beaucoup d’aigreur, de jalousie et de mauvaise foi. Spike Lee a sa place dans l’histoire du cinéma américain contemporain, mais la plupart de ses films ne sont pas très réussis. Depuis l’excellent « La 25ème heure » et l’efficace « Inside Man », sa carrière bat de l’aile.

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