Membre de l’Otan et de l’Union européenne (UE), la Lituanie, le plus méridional des États baltes, est séparée de l’Europe par le stratégique corridor de Suwalki et enserrée entre la Russie et la Biélorussie du dictateur Alexandre Loukachenko, allié de Poutine. Alors que le pays, aux frontières militarisées sous haute tension, prépare et forme sa population à une éventuelle confrontation, l’Europe, et l’Allemagne notamment, y déploie un important dispositif de dissuasion. Près de Vilnius, encore hanté par cinq décennies d’occupation soviétique, des trains russes en transit vers l’enclave de Kaliningrad, au bord de la Baltique, font escale dans la petite ville de Kena. Si les passagers ont interdiction d’en descendre, ils découvrent par les fenêtres les images des horreurs commises en Ukraine et disposent – brièvement – du Wifi pour s’informer : un climat qui rappelle la guerre froide. Moscou organise aussi des réseaux clandestins de migrants d’Irak, de Syrie et d’Afghanistan vers la Lituanie et l’UE.
Nouvelle Europe de la défense
Depuis la guerre en Ukraine, les États baltes vivent, entre angoisse et réalisme, sous l'inquiétante menace russe. Pour trois éditions spéciales du Dessous des cartes, Émilie Aubry s’est rendue sur place afin de sonder ces pays – Lituanie, Lettonie et Estonie – qui se tiennent prêts à contrer l’expansionnisme de Moscou et accueillent le déploiement d’une nouvelle Europe de la défense. Un passionnant état des lieux.