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Jean Gabin - La guerre c'est pas du cinéma

60 min

Disponible à partir du 04/11/2026

À la télévision le mercredi 11 novembre à 22:30

Cinquante ans après sa mort, le 15 novembre 1976, retour sur le plus beau rôle, mais l'un des moins connus, de l'acteur iconique du cinéma français : son combat d'engagé volontaire dans les Forces françaises libres, de 1943 à 1945.

Le 3 septembre 1939, quand la France déclare la guerre à l'Allemagne, Jean Gabin, de son nom complet Jean Gabin Alexis Moncorgé, a 35 ans. Après La grande illusion et La bête humaine, de Renoir, Le quai des brumes, qu'il vient de tourner pour Marcel Carné avec Michèle Morgan, son idylle du moment, et Le jour se lève, de Carné encore, ont fait de lui la star masculine absolue du cinéma français. Après avoir bouclé à Paris le tournage de Remorques, à nouveau avec Michèle Morgan, il s'engage durant la "drôle de guerre" comme fusilier marin. Démobilisé après la défaite, il refuse de travailler pour Continental Films, société créée à Paris sous l’impulsion de Goebbels, et parvient en 1941 à gagner Hollywood, qui lui réserve un bon accueil. Sa rencontre avec Marlene Dietrich, puis leur liaison passionnée, très vite repérée par les tabloïds, le remet sous les projecteurs. Mais surveillé par le FBI de J. Edgar Hoover, qui soupçonne Marlene de servir Berlin et Jean de renseigner Vichy, et sujet de rumeurs malveillantes, le couple le plus glamour du moment va se sentir à l'étroit dans le confort de son refuge californien. Début 1943, plus d'un an après l'entrée en guerre des États-Unis elle et lui s'engagent, chacun de son côté, dans le combat contre l'Allemagne nazie.

Force intranquille
Tandis que Dietrich entreprend une incessante tournée des fronts à la rencontre des boys, Gabin, redevenu Jean Moncorgé, rejoint les Forces françaises combattantes, d'abord sur le pétrolier Élorn, qui fait route vers l'Afrique du Nord, puis comme instructeur dans Alger libéré, et enfin en chef de char au sein de la division Leclerc. Surmontant sa peur panique du feu, il obtient à 40 ans de participer aux combats de la Libération, de la poche de Royan jusqu’au "nid d'aigle" de Hitler en Bavière. Ces deux ans de guerre transformeront à jamais l’homme et l’acteur, dont les cheveux ont blanchi en une seule nuit lors de son premier combat maritime. Fuyant la publicité, Gabin refuse en 1945 de défiler en vainqueur sur les Champs-Élysées, et ne jouera plus jamais dans un film de guerre, car "la guerre, c'est pas du cinéma"… Patrick Jeudy ressuscite en détail cette parenthèse épique et méconnue dans la longue carrière de l'acteur, avec le concours de Patrick Glâtre, son biographe, et à partir d’archives en images, de lettres et de documents personnels, dont de nombreux inédits issus notamment de la famille Moncorgé. Celui qui aurait sûrement détesté qu'on voie là son plus beau rôle s'y révèle en tout cas fort proche de beaucoup de ses personnages, à la fois chevaleresque et sans-façon.

Réalisation

Patrick Jeudy

Pays

France

Année

2026

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