Leo Harrigan, avocat sans le sou, pousse par hasard la porte d'un atelier où sont développées des caméras de cinéma et se retrouve embarqué malgré lui dans le monde balbutiant du septième art, en pleine guerre entre indépendants et gros producteurs. Propulsé scénariste, le débutant croise dans le tram une ravissante jeune femme qui a l'étoffe d'une future star de l'écran... Mais il doit bientôt partir en Californie rejoindre une petite équipe de techniciens chargés de réaliser des courts métrages à la chaîne. Parallèlement, dans le New Jersey, un livreur au physique avenant est engagé au débotté pour un petit rôle sur la scène d’un théâtre… Bientôt, tous se rejoignent devant et derrière la caméra.
Hommage amoureux
Historien fétichiste du cinéma et critique proche des derniers grands maîtres de Hollywood, Peter Bogdanovitch orchestre avec Nickelodeon (du nom des premières salles de projection pour grand public) un hommage amoureux aux pionniers du cinéma, inventeurs d'une grammaire technique forgée à la débrouille. La tendresse que le réalisateur porte à ses aînés y transpire, notamment dans la reconstitution quasi documentaire des balbutiements du tournage en équipe, mais aussi par l'aspect franchement burlesque du film, clin d'œil appuyé aux slapstick comedies qui firent la gloire des Buster Keaton, Roscoe "Fatty" Arbuckle et autres, dont Bogdanovitch s'était délecté à l’adolescence. Nickelodeon est d’ailleurs dédié à Allan Dwan, réalisateur tâcheron des premiers temps du muet, à l'impressionnante carrière de plus de 1400 œuvres.