Sydney, 1988. Psychiatre et catholique pratiquant, Tom Allen élève seul ses deux enfants depuis son récent veuvage. L’évêque McNally le sollicite pour fournir une assistance psychologique au clergé local. Cette proposition rencontre l’hostilité du très conservateur monseigneur Quaid, rival de McNally pour la succession à la charge d’archevêque. Les tensions au sein du diocèse s’aggravent avec la mystérieuse disparition d’un garçon scolarisé dans le même établissement que le fils de Tom.
Panique morale
"Le scandale du monde est ce qui fait l’offense. Et ce n’est pas pécher que pécher en silence", disait le Tartuffe de Molière. À l’époque des faits scrutés dans Devil’s Playground, le secret fait encore loi au sein de l’Église catholique, déjà entachée par des scandales de pédophilie. La peur de fragiliser l’institution règne autant parmi ses fidèles qu’au sommet de sa hiérarchie. Après le film éponyme (1976) de Fred Schepisi, Simon Burke, qui y campait un adolescent entrant au séminaire, endosse le rôle du psychiatre catholique Tom Allen, traduisant avec une grande justesse la panique morale d’une communauté confrontée à l’impensable. En six épisodes âpres et intenses, sa quête de vérité va mettre à l’épreuve son propre itinéraire spirituel. Car comment garder la foi quand les gardiens du dogme ont failli à ce point ? Drame intimiste, Devils Playground se double d'une réflexion politique efficace sur les oppositions, toujours actuelles, à l'œuvre au sein de l'Église. John Noble et Don Hany se révèlent convaincants dans leurs rôles d’évêques antagonistes, l’un libéral et l’autre conservateur, mais tous deux incapables de prendre la mesure d’un mal devenu systémique.