Nick Conklin est un policier new-yorkais turbulent et frondeur. Divorcé, il peine à payer la pension alimentaire de son ex-femme et fait face aux accusations de sa hiérarchie d’avoir détourné de l’argent à des fins personnelles. Seul son coéquipier, le jeune Charlie Vincent, lui témoigne un soutien indéfectible. Ensemble, ils parviennent à capturer un yakuza coupable d’un double meurtre, Koji Sato, et l’emmènent au Japon pour qu'il soit jugé. Mais dès leur arrivée à Osaka, Sato prend la fuite. Nick et Charlie doivent composer avec un inspecteur local, le rigoureux Matsumoto, pour retrouver le tueur dans la ville étrangère…
En marge de l’action
À la fin des années 1980, Ridley Scott, qui n’est pas parvenu à renouveler le succès d’Alien sur le plan commercial, a besoin de rassurer les studios hollywoodiens afin de poursuivre sa carrière sereinement. Il accepte de réaliser un film de commande, porté par la star Michael Douglas, en promettant de lui apporter tout le lustre de son style. Les décors de New York et d’Osaka, qui servent de toile de fond grouillante à cette histoire de rédemption pas exempte de tragique, lui offrent un formidable terrain de jeu. Très bien secondé par sa vedette, Andy Garcia, et l’excellent Ken Takakura, le réalisateur livre un polar dense et efficace, pas loin de l’atmosphère de Blade Runner, surtout dans sa première partie (on ne révélera pas son point de bascule). En marge de l’action, le film explore également la complexité des rapports entre États-Unis et Japon trois décennies après la guerre, la "pluie noire" du titre étant, d’après l’un des personnages, tout ce que les Américains ont laissé au pays vaincu après le désastre d’Hiroshima.