Ancien enfant de la Ddass, Eric Vincent mène une vie sans histoire en banlieue parisienne auprès d’Audrey, sa compagne ; pourtant, les zones d’ombre de son propre passé le font hésiter à lui donner l’enfant qu’elle désire tant. Un soir, le trentenaire reçoit un étrange coup de téléphone : un certain Joseph Arp lui apprend la mort de son père biologique, qu’Éric n’a jamais connu, et propose de lui remettre l’urne contenant ses cendres. En acceptant le rendez-vous, le jeune homme se retrouve pris dans un périlleux enchevêtrement de crimes passés, de rencontres mystérieuses et de souvenirs enfouis. Et sa relation avec Audrey se délite à mesure qu’apparaissent dans sa vie des personnages peu recommandables – petits trafiquants et prostituées, détective privé et anciens truands – qui s’avèrent liées, à des degrés divers, au passé de son géniteur. En particulier, au meurtre sordide d’un antiquaire à coup de lance-flamme, une affaire remontant à l’hiver 1976…
Mondes parallèles
Après Une affaire privée et Cette femme-là, le réalisateur Guillaume Nicloux referme sa trilogie policière avec La clef, qui entremêle deux intrigues, placées à trente années d’intervalle, pour former un tissu complexe où l’identité et le poids des origines et des secrets de famille occupent une place centrale. Guillaume Canet, tout en angoisses retenues, y est épaulé par une distribution de haut vol. Jean Rochefort, Marie Gillain et Vanessa Paradis, mais aussi deux comédiens récurrents de la trilogie de Nicloux : Thierry Lhermitte, qui rempile dans la peau du détective privé François Manéri, recherchant désespérément sa fille, et Josiane Balasko, dans une version alternative et vintage de la commissaire Michèle Varin, qu’elle incarnait déjà dans Cette femme-là, plongée cette fois-ci dans les années 1970. C’est avant tout l’aller-retour soigneusement mis en scène entre les deux époques – des "mondes parallèles", comme l’évoque la commissaire dans une scène qui souligne le pouvoir de la fiction – qui fait la réussite de ce thriller psychologique à l’atmosphère poisseuse et mélancolique.