En versant à des artistes sélectionnés de façon aléatoire un revenu de base pendant trois ans, l’Irlande écrit une nouvelle page dans l’histoire de la culture.
D’un montant de 325 € par semaine, ce subside imposable est accordé sans conditions de ressources ni obligation de résultat. Pendant trois ans, 2 000 créatifs ont pu ainsi se consacrer pleinement à leur art.
"Tracks" rencontre le bédéiste Ken Mahon, le youtubeur Frankie McNamara, Zach et Karla du groupe Sprints, ainsi que la designer Jenny Walton. À la clé, quatre regards sur un système qui ne considère pas l’art comme un luxe, mais comme un service public.
Or, ce filet de sécurité profite aussi à l’État : il s’avère en effet que les bénéficiaires de ce revenu de base investissent davantage dans leur activité créative, cumulent moins de petits boulots, voient leur santé mentale s’améliorer. Et chaque euro investi génère 1,39 € de retombées économiques. Mais des questions demeurent : un revenu de base attribué par tirage au sort est-il équitable ? Le financement de l’art par l’État rend-il les artistes plus libres ou plus dépendants ? Et quel lien y a-t-il avec les courses de lévriers ?
À Dublin et à Londres, "Tracks" prend le pouls d’une nation à l’histoire mouvementée qui se définit par sa culture et a tenté ce que l’Europe n’osait pas : assurer la pérennité de l’art avant qu’il ne disparaisse.