La moitié de la population mondiale est concernée par le tournant hormonal que représente la ménopause. Elle expose de nombreuses femmes à des troubles graves qui perturbent leur quotidien en profondeur. Pourquoi quatre sur cinq d’entre elles souffrent-elles de bouffées de chaleur, et plus d’un quart de troubles du sommeil ? Pourquoi 41 % d'entre elles subissent des pertes de mémoire ? Pourquoi la tranche d’âge des 45 à 54 ans présente-t-elle le taux de suicide féminin le plus élevé ? Importante, cette transition reste pourtant peu étudiée. Au fil des siècles, des préjugés ont contribué à faire de ce phénomène un tabou et à limiter les connaissances sur ses conséquences et les moyens d’y remédier. L’hormonothérapie, apparue dans les années 1960, a aussi pâti de sa réputation d’entraîner un risque accru de cancer du sein quand, dans le monde, les essais cliniques sur la santé des femmes ne représentent que 5 % des budgets alloués à la recherche médicale.
La fin du non-dit
Partant de son expérience, Louise Unmack Kjeldsen entreprend un émouvant voyage. Elle rencontre des scientifiques et dialogue avec d’autres femmes sur leur expérience de la ménopause. Quels bouleversements physiques et psychiques peuvent-elles traverser ? Quel est le lien entre ces symptômes, le risque de la maladie d’Alzheimer et la dépression ? Quels moyens existe-t-il pour y faire face ? Aujourd’hui, chercheuses et chercheurs s’emploient à comprendre les effets de la baisse des œstrogènes sur le corps et le cerveau et tentent de mettre au point des traitements adaptés. Faut-il ou non médicaliser la ménopause, devenue enfin un objet de débat, notamment au sein de multiples groupes de paroles ? Un éclairage passionnant qui dénonce au passage mythes et fausses informations.