Ironie du sort, l’avenir pourrait bien passer par un domaine médiéval qui, dans un coin de Saxe, attend d’être rénové de fond en comble. Jens-Torsten Jacob, le directeur de la chambre des métiers locale, espère que ce chantier hors normes attirera de futurs menuisiers, plâtriers, maçons ou peintres. L’occasion d’initier les jeunes qui effectuent leur service civique dans la conservation des monuments historiques aux rudiments du secteur. Mais aussi de susciter leur intérêt grâce aux nouvelles technologies déployées dans ces métiers, comme les exosquelettes qui permettent de lever sans peine de lourdes charges. Et si un participant décide au final de suivre une formation, Jens-Torsten Jacob aura atteint son objectif. Dans son réseau de 4 000 entreprises artisanales, il y a toujours une place d’apprentissage disponible.
Julia Spielvogel sillonne le territoire allemand pendant toute une année. Partie avec une fraiseuse laser dernier cri dans ses bagages, cette menuisière de formation fait halte dans les établissements scolaires, où elle construit des hôtels à abeilles avec des ados âgés de 13 à 15 ans. La rencontre de la technologie de pointe et de l’artisanat : voilà comment elle entend montrer qu’une formation qualifiante est une alternative motivante aux études traditionnelles.
À la tête de la société Eltec Service à Berlin, Norman Jandt s’efforce de faire comprendre aux jeunes qu’il est possible de bien gagner sa vie avec un métier manuel. Il verse à ses apprentis des salaires supérieurs aux conventions collectives et participe à leurs frais de transport. Car ce n’est pas tout de trouver des jeunes susceptibles d’assurer la relève, le grand défi consiste à les garder. Lucas Bock est en troisième année d’apprentissage et pourra bientôt exercer comme électronicien spécialisé dans les techniques de l’énergie et du bâtiment. Il ne regrette pas d’avoir interrompu ses études théoriques, car il apprécie de voir concrètement le travail accompli.